Le gouvernement espère ainsi détourner vers ses coffres une partie des profits réalisés par les sites illégaux. Les Québécois, a-t-on précisé mercredi en conférence de presse, ont accès à environ 2000 sites de poker. Les revenus annuels provenant du Québec sont évalués de façon conservatrice à environ 80 millions $, a précisé Alain Cousineau, le président de Loto-Québec.
Une somme qui constitue une perte pour le trésor québécois, de dire M. Cousineau. En encadrant le jeu en ligne, Loto-Québec sera en mesure de garder une partie significative de cet argent au Québec, et de retourner les profits au gouvernement, a-t-il ajouté. Le jeu en ligne est un secteur d'activité qui connaît une croissance annuelle de 30 % au pays. Ainsi, entre 2003 et 2008, le chiffre d'affaires est passé de 184 millions $ à 675 millions $. Selon Loto-Québec, il dépassera le milliard l'an prochain. On parle de 25 milliards à travers le monde.
Loto-Québec offrira, contrairement à certains sites illégaux, des taux de retour stables et des jeux fiables, de dire M. Bachand. L'accès au jeu sera interdit aux personnes d'âge mineur, a insisté le ministre des Finances.
La société d'État s'inspirera beaucoup du modèle suédois pour implanter des mesures de contrôle et de prévention, a précisé le président de Loto-Québec. Une vérification rigoureuse de l'âge des joueurs, une limite de dépôt hebdomadaire, et la possibilité pour les joueurs de s'autoexclure sont parmi les mesures préventives qui seront mises de l'avant.
M. Cousineau a précisé que le futur site sera soumis à une expertise internationale sur le jeu responsable avant d'être mis en ligne. Le ministre Bachand a tenu à préciser que Loto-Québec prendra les mesures nécessaires pour que la lutte contre la dépendance au jeu demeure une priorité.
Bien conscient que la présence du gouvernement dans le jeu en ligne soulèvera des critiques concernant le jeu compulsif, le ministre Bachand a annoncé la création d'un comité du suivi du jeu en ligne. L'un de ses rôles sera d'analyser les impacts sociaux de développement du jeu en ligne, et aussi d'examiner des mesures qui pourraient permettre de contrer le jeu illégal.
En Suède, le gouvernement a réussi à détourner vers son site légal 30 % des joueurs qui fréquentaient les sites illégaux, de préciser le ministre, qui ne manque pas de souligner que les profits des jeux en ligne serviront à financer des services essentiels comme la santé et l'éducation.
Le Québec se lance donc dans les jeux en ligne, après la Colombie-Britannique et les provinces maritimes.













