L'idée de la souveraineté est depuis longtemps réservée aux assemblées partisanes.
En entrevue au Soleil, le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, confirme qu'une stratégie interne a été arrêtée pour utiliser «les outils parlementaires», comme la période des questions et les motions, «pour faire la pédagogie de la souveraineté».
M. Cloutier évoque des «gestes concrets qui auront lieu à l'Assemblée nationale» tout au long de la session parlementaire, qui s'ouvre demain.
L'opposition officielle veut forcer des discussions sur l'«identité» et les «valeurs québécoises» que le gouvernement Charest «cherche à fuir».
Pour M. Cloutier, il va évidemment de soi que cette identité et ces valeurs seraient mieux protégées si le PQ prenait le pouvoir. Et davantage encore si le Québec parvenait à la souveraineté, ajoute-t-il.
Un fardeau à renverser
Parallèlement, le Parti québécois tentera de renverser ce qu'on pourrait appeler «le fardeau de la grande preuve politique».
Même si le projet souverainiste est en berne dans l'opinion publique, le PQ veut faire en sorte qu'il ne soit plus le seul à devoir démontrer la validité de son option. Il souhaite pousser le gouvernement libéral à se commettre, à dire ce qu'il compte faire pour améliorer le fonctionnement de la fédération canadienne.
Le 20e anniversaire de la mort de l'accord constitutionnel du lac Meech, abandonné en juin 1990, lui servira d'aiguillon.
«On veut illustrer concrètement l'échec des fédéralistes en posant des questions là-dessus, confie le député Cloutier. S'ils n'avaient pas échoué avec Meech, peut-être que le jugement de la Cour suprême sur la loi 104 aurait été différent.» Cet arrêt concerne les écoles anglophones «passerelles».
Le pire, poursuit-il, est que les «fédéralistes ont abandonné ce combat visant à faire respecter nos champs de compétence». «C'est là que nous, on arrive avec notre Plan pour un Québec souverain.»
Car, «que font les fédéralistes comme M. Charest aujourd'hui pour corriger le tir? Quelles sont leurs propositions? À l'époque, on sentait au moins qu'ils voulaient se battre un peu.»
Alexandre Cloutier participera à une opération baptisée «l'ABCD de la souveraineté», du nom d'une tournée à travers le Québec à laquelle prendront part quatre députés péquistes. Le A est pour Jean-Martin Aussant, le B, pour Yves-François Blanchet, le C, pour lui et le D, pour Bernard Drainville.













