Rentrée parlementaire: le plan de match de l'opposition

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Pauline Marois, flanquée de Stéphane Bédard... (Photo Presse Canadienne)

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Pauline Marois, flanquée de Stéphane Bédard

Photo Presse Canadienne

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) «C'est pas vrai que Jean Charest pourra réussir à tout faire oublier tout le temps. Il y a des limites à toujours repousser les problèmes», assène le capitaine des bleus, Stéphane Bédard, leader parlementaire du Parti québécois à l'Assemblée nationale.

Le PQ, l'ADQ et Québec solidaire poursuivent des objectifs différents, mais ils ont les mêmes priorités pour la session parlementaire qui s'ouvre demain : corruption, gaspillage, finances publiques, endettement et éthique.

Puisqu'il forme l'opposition officielle, c'est le Parti québécois qui mènera la charge. Les premières questions seront pour le libéral Jean D'Amour, que le commissaire au lobbyisme vient d'épingler.

Son collègue David Whissell, qui détient des parts dans ABC Rive-Nord, sera aussi très rapidement visé à la période des questions (même s'il vient de décider de prendre deux semaines de vacances).

Le salaire du premier ministre sera également au coeur du débat sur l'éthique. «Si M. Charest continue de se faire payer une partie de son salaire par ses amis, il en paiera un prix politique», assure Stéphane Bédard en entrevue.

L'État québécois verse un salaire de 175 000 $ au chef du gouvernement. Le Parti libéral lui fournit une rallonge de 75 000 $.

Cette bataille politique se livrera en commission parlementaire, où sera étudié le projet de loi 48 sur l'éthique.

Le PQ et les deux autres partis d'opposition tireront tout naturellement sur le fil qui mène de l'éthique aux allégations de corruption et de collusion dans le monde de la construction. «La commission d'enquête publique figure en haut de nos préoccupations. Les gens sont écoeurés de payer pour rien. Ils ont vraiment l'impression que M. Charest protège ses amis», commente Stéphane Bédard.

Il sait que l'adéquiste Sylvie Roy a été la première à réclamer cette commission d'enquête. Il explique cependant que son parti en a fait un dossier majeur depuis ce temps, au point de lancer une pétition électronique sur le sujet. Elle a recueilli quelque 40 000 signatures. Un succès jugé mitigé par des observateurs, mais qu'il estime, lui, «probant».

Sur les finances publiques, le leader parlementaire du PQ réfute l'idée selon laquelle son parti se contente de critiquer et qu'une opposition officielle comme la sienne devrait se mouiller davantage sur les solutions à apporter.

Il relance la balle en évoquant de nombreux cas de gaspillage. À l'instar de sa collègue Agnès Maltais, il dénonce la construction à venir d'une nouvelle tour au siège social de la Société de l'assurance automobile du Québec, dans la capitale. «On est en train de vouloir un Taj Mahal pour Dieu sait quoi», dit-il.

Il assimile les primes de départ de 4 millions $ versées à quatre ex-dirigeants de la Caisse de dépôt et placement à une opération de camouflage. On a voulu «acheter leur silence», accuse-t-il.

Là où son parti entend conserver l'initiative, après l'avoir ravie à l'ADQ, c'est sur le terrain identitaire. Le Parti québécois donnera beaucoup de ce côté au cours des prochaines semaines. Dans ce dossier, il ne se contentera pas de critiquer. Il proposera. Il sera même question du voile intégral, comme nous l'indiquions vendredi.

Pendant que la députée Louise Beaudoin préparera une «Charte de la laïcité», qui sera présentée au printemps, l'opposition officielle tentera de con­vaincre le gouvernement Charest d'appuyer le projet de loi sur les valeurs québécoises présenté par la chef Pauline Marois l'automne dernier.

Ces questions sont de première importance, insiste M. Bédard. «Elles auront un impact sur le Québec au cours des 20, 30 prochaines années.»

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