Dans une lettre envoyée aux médias, M. Deltell presse le gouvernement libéral à s'engager «dans une démarche de resserrement des dépenses gouvernementales». Québec doit fixer «des objectifs clairs pour rétablir l'équilibre des finances publiques», ajoute-t-il en dénonçant «l'endettement irresponsable».
M. Deltell prend appui sur le Comité consultatif sur l'économie et les finances du ministre Raymond Bachand. Ce comité soutient «que le chevauchement de structures dans le domaine de la santé nous fait perdre 600 millions $», dit-il.
«Les Agences de la santé et les commissions scolaires sont-elles toujours utiles pour soigner efficacement les malades et assurer la réussite de nos jeunes? Ces structures ne sont-elles pas devenues des monstres bureaucratiques qui siphonnent l'argent qui devrait plutôt servir à soigner les malades et éduquer nos jeunes?
«Pourquoi le Québec verse-t-il autant d'aide aux entreprises que l'ensemble des neuf autres provinces?»
Examen exhaustif
Comme son député François Bonnardel, Gérard Deltell exige du gouvernement qu'il fasse «l'examen exhaustif des programmes gouvernementaux afin d'aller chercher des économies dans l'administration gouvernementale».
«Le Québec vit au-dessus de ses moyens», analyse-t-il.
Le Soleil révélait la semaine dernière que le Conseil du trésor prépare un vaste plan de «réévaluation» générale qui pourrait se traduire par l'abandon de programmes et par la mise à plat de certaines structures à partir de 2011-2012.
«Ce sera un plan de révision des politiques et des programmes gouvernementaux», a-t-on confié. Il touchera aussi «à la gouvernance et aux processus». Autrement dit, à la façon de gérer les ministères et les organismes, ainsi qu'à l'organisation du travail.
C'est avec ce mécanisme que le gouvernement pourrait éventuellement décider d'abolir les Agences de la santé.
Si ce plan est en cours d'élaboration, c'est qu'on s'est aperçu chez Monique Gagnon-Tremblay que l'objectif de contenir la hausse des dépenses à 3,2 % ne pourra être obtenu par des moyens «classiques» pendant plusieurs années de suite.
Pour la prochaine année financière, celle de 2010-2011, la très grande majorité des ministères devront d'abord commencer par encaisser un gel ou un quasi-gel de leur budget. Seuls ceux de la Santé, de l'Éducation et de la Famille obtiendront plus que les autres.
Dans sa lettre, le chef de l'ADQ accuse aussi les libéraux de rester «spectateurs» devant les allégations de corruption et de malversations dans l'industrie de la construction. «On ne peut pas se payer le luxe de voir nos investissements en infrastructures détournés à la faveur du crime organisé.»













