Sans aller jusqu'à remettre en cause le principe même de la sécurité d'emploi dans le secteur public, M. Deltell plaide pour en réduire la portée.
«Quand il est question de sécurité d'emploi, il faut comprendre qu'il y a des degrés à ça. Quelqu'un qui garde un emploi inutile, ça n'a pas de bon sens», a lancé le leader adéquiste, en entrevue, lundi, à La Presse Canadienne.
Sans fournir d'exemple précis à l'appui de son propos, M. Deltell dit trouver anormal que la sécurité d'emploi serve de bouclier de protection pour des fonctions superflues et des travailleurs incompétents.
«Est-ce qu'on est rendu que la sécurité d'emploi devient un bouclier pour protéger l'incompétence? C'est malheureux. Et on entend souvent des syndiqués qui nous interpellent et nous disent: 'Ça n'a pas d'allure que x, y ou z est protégé même s'il est incompétent'», a-t-il relaté.
Choix douloureux
À la veille de la rentrée parlementaire, M. Deltell presse le gouvernement Charest de lancer un vaste débat public sur les choix douloureux que devront faire les Québécois pour rétablir l'équilibre budgétaire. Les privilèges consentis au fil des ans aux grandes centrales syndicales devraient figurer, à son avis, parmi les sujets à l'ordre du jour du débat.
Pour M. Deltell, les syndicats sont devenus une «grosse business», parfois plus préoccupée par ses intérêts corporatistes que par le bien-être des humbles travailleurs.
La sortie du chef de l'ADQ rappelle celle du grand patron de l'empire Quebecor, Pierre Karl Péladeau, qui remettait en question, il y a une dizaine de jours, la place qu'occupent les syndicats dans la société québécoise.
M. Deltell est conscient d'indisposer les leaders syndicaux, surtout au moment où sont engagées les négociations pour renouveler les conventions collectives des employés du secteur public.
Il assure cependant ne pas craindre la polémique.
«Il y a une prise de conscience qui doit être faite par tout le monde. Par tout le monde. Il faut avoir le courage de le faire. Si on ne fait rien, on s'en va dans le mur», a-t-il dit, ajoutant qu'il ne s'est pas lancé en politique pour «le plaisir» mais pour défendre l'intérêt commun.











