Les conservateurs misent sur la brouille entre Trudeau et Ignatieff

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Justin Trudeau... (Photo: PC)

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Justin Trudeau

Photo: PC

Raymond Giroux
Le Soleil

(Ottawa) Dans le contexte du resserrement des intentions de vote et du tassement de l'électorat conservateur au Québec, le parti de Stephen Harper ressort sa stratégie de diviser pour régner.

Le PC, a appris Le Soleil, inondera incessamment les boîtes aux lettres d'une vingtaine de circonscriptions de dépliants rappelant les mauvais propos de Justin Trudeau contre Michael Ignatieff.

Des publicités télévisées, l'automne dernier, récupéraient déjà des interventions de M. Trudeau contre son chef actuel. M. Ignatieff avait alors effacé l'ardoise et assuré que tout allait très bien entre son député et lui.

«C'était autrefois», disait-il avant d'ajouter que contrairement à M. Harper, «je peux très bien travailler avec des gens qui ont des opinions différentes de la mienne».

Justin Trudeau, quant à lui, était dans ses petits souliers, selon La Presse Canadienne.

Il répliquait alors que ses commentaires étaient de l'histoire ancienne, puis a offert cette admission : «Si je le critiquais de manquer de sagesse, quand je regarde mes propos aujourd'hui et tout le tollé que ça peut soulever même trois ans plus tard, hors contexte [...], je suis prêt à admettre que c'est peut-être moi qui ai manqué de sagesse».

Alors que le caucus libéral tient aujourd'hui sa rencontre hivernale à Québec, à l'occasion de ce qui apparaît comme une rencontre préélectorale, s'il faut en croire le communiqué publié par le parti, lundi, le PC a décidé de répliquer haut et fort.

Commentaires nuisibles

Le parti utilisera la désormais célèbre et légale stratégie des «10 %» pour relancer à la face des libéraux les relents de la course à la direction de 2006, alors que M. Trudeau soutenait la candidature de Gerard Kennedy contre celle de M. Ignatieff.

M. Kennedy tenait des positions très près de celles de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, le père de Justin, et s'était rallié à Stéphane Dion une fois sa candidature rejetée de justesse.

Les conservateurs ont relevé trois transcriptions d'interventions du député de Papineau sur Radio-Canada qu'ils espèrent nuisibles à la cause du PLC.

À l'époque, M. Trudeau disait de son chef actuel qu'il «a peut-être l'intelligence, mais peut-être pas la sagesse nécessaire» pour devenir patron de son parti.

Le dépliant recto verso montre des caricatures dessinées par un militant conservateur qui désire conserver l'anonymat, selon le seul commentaire que Le Soleil a pu obtenir du bureau du premier ministre sur cet envoi.

M. Trudeau se voit également rappeler qu'il a accusé M. Ignatieff de se contredire et de ne pas représenter le changement que cherchait à l'époque le Parti libéral.

«Il faut qu'il y ait des vraies nouvelles idées, une vraie nouvelle façon de penser qui va faire comprendre aux gens que c'est nouveau, disait-il. Ignatieff est tout à fait dans le système du parti qu'on voit tout le temps.»

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