Étrangement, la confirmation de cette approche est venue par la bande. Elle est venue du SPQ Libre.
C'est à la troisième page d'une lettre rédigée par les responsables de ce club politique péquiste qu'est exposée - comme en passant et sans mettre l'accent là-dessus - l'hypothèse qui circule depuis quelque temps à la direction du PQ.
Marc Laviolette et Pierre Dubuc révèlent ce qu'aucune source au PQ n'acceptait de confirmer jusqu'ici et que la direction présentera comme «une simple hypothèse de travail» - lorsqu'elle acceptera de la commenter officiellement, ce qu'elle a encore refusé jeudi.
Mais ces informations sont exactes, a tout de même fini par admettre une source à l'interne, jeudi, en insistant sur le fait que la formulation n'est pas coulée dans le béton et que ce sont, de toute façon, les membres qui auront le dernier mot.
«Il semble acquis que, dans la proposition principale qui sera soumise à la discussion en vue du congrès, on parlera de "la tenue d'un référendum au moment jugé opportun par le gouvernement souverainiste"», ont écrit MM. Laviolette et Dubuc dans une lettre où ils se félicitent de leur dernière campagne de recrutement.
Quelque 400 personnes sont membres de leur organisation. Parmi elles, 325 adhèrent à la fois au SPQ Libre et au PQ.
Ce n'est pas pour rien qu'ils évoquent cet élément, même en passant. C'est pour se faire entendre par Pauline Marois et son entourage.
Pour eux, «la question clé» est en effet «de savoir comment faire émerger le plus rapidement possible le moment opportun après l'élection d'un gouvernement souverainiste.» «Par des référendums sectoriels? Par un référendum d'initiative populaire?»
Nouvelle formule
L'article 1 de l'actuel programme du PQ, adopté en 2005, parle de la tenue d'un référendum «le plus rapidement possible au cours du prochain mandat». La chef du PQ, Pauline Marois, l'a fait mettre en veilleuse en 2008.
Le programme précédent, celui de 2000, stipulait ceci : «Au moment jugé opportun, le gouvernement du Québec soumettra à la population le projet de faire du Québec un pays souverain et de présenter au Canada une offre de partenariat»...
«Au moment jugé opportun»... la même expression qui circule de nouveau aujourd'hui. Au PQ, on ne semble pas craindre qu'elle soit assimilée aux «conditions gagnantes» honnies de Lucien Bouchard.
La nouvelle formule parle de «gouvernement, souverainiste» et Pauline Marois a présenté un Plan pour un Québec souverain, dit-on.
La formulation sur laquelle planche le parti sera soumise aux membres pour discussions d'ici quelque temps. Elle sera ensuite présentée au grand congrès du printemps 2011, l'instance suprême du PQ. C'est à ce moment que les délégués en disposeront - de celle-ci ou d'une autre version qui aura pu être élaborée d'ici là.











