Habitué d'être chouchouté, d'empocher au moins 55 % des fonds attribués par le ministère du Patrimoine canadien dans le cadre du programme Le Canada en fête, le Québec recevra maintenant une enveloppe proportionnelle à sa population, soit 24 %, selon une compilation livrée tardivement au Soleil, hier. Ainsi, des quelque 6,7 millions $ disponibles d'un océan à l'autre, la part de la trentaine de comités organisateurs du territoire québécois fond de 3,7 millions $ à 1,6 million $.
À une exception, toutes les autres provinces, tous les territoires voient leur budget gonfler. L'Ontario est la grande gagnante : elle récoltera le double, soit 2 millions $. «Cette mesure assure une distribution de fonds plus équitable parmi toutes les provinces et territoires», nous écrit un porte-parole du Ministère, Jean Héon, dans un courriel qui a été lentement approuvé en haut lieu avant de nous être transmis.
Ottawa profite de l'opération pour couper les vivres de Célébrations Canada, le bureau montréalais qui distribuait les fonds aux comités organisateurs du Québec. Patrimoine Canada gèrera directement l'attribution des subventions. Et le ministère fédéral avertit que les promoteurs habituels ne seront pas privilégiés. «Au lieu d'avoir des comités qui font les demandes de financement, nous priorisons les municipalités et les organismes locaux.»
Déjà, des membres de comités organisateurs abandonnent. Les quotidiens Le Nouvelliste et La Tribune rapportent que ceux de Trois-Rivières, de Drummondville et de Baie-Comeau ont claqué la porte. Ils se disent incapables de produire une fête de qualité avec un budget amputé de moitié.
Dans le doute à Québec
Dans la capitale, le président du comité, Guy Hudon, s'est plié à la nouvelle procédure pour réclamer un financement. «Avant, on transitait par le bureau à Montréal, par Célébrations Canada. Ce qu'on a eu comme information, c'est qu'on ne passe plus par eux.»
Il ne sait pas du tout si sa demande de subvention sera acceptée. «Je n'ai aucune idée. Je n'ai pas eu d'indications.» Il espère recevoir la réponse en mars. «Si ça retarde en avril ou mai, ça devient critique.» Les artistes et les sous-traitants signeront alors des contrats ailleurs.
Mais M. Hudon n'est pas seul à attendre sa part du gâteau : «À ce jour, le Ministère a reçu environ 87 demandes de financement. La date limite du cycle en cours est le 28 février 2010.»











