Marois réclame une enquête sur le Parti libéral

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Devant les membres de son parti réunis à Lévis, hier, Pauline Marois s'en est prise à l'intégrité personnelle de Jean Charest.

La Presse Canadienne

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) En plus d'une enquête publique sur l'industrie de la construction, il en faut une sur le Parti libéral du Québec, a tonné Pauline Marois, hier, en mettant en doute l'intégrité personnelle de Jean Charest.

Devant les membres de son parti réunis à Lévis, la chef péquiste s'est demandée pour qui travaille Jean Charest - lui qui, en plus de son salaire de premier ministre de 183 000 $ par année, bénéficie d'une rallonge annuelle de 75 000 $ de son parti.

«Pour qui travaillez-vous, Monsieur le Premier ministre? Pour les Québécois, qui paient votre salaire, ou pour les amis du Parti libéral, qui paient votre autre salaire?»

Pour être certaine de bien se faire comprendre, Mme Marois en a même rajouté : «Est-ce que Jean Charest hésite à mordre la main qui le nourrit? Est-ce que ça expliquerait pourquoi le premier ministre refuse de déclencher une enquête publique sur l'industrie de la construction?»

Selon elle, «tant que les Québécois n'auront pas l'assurance que leur argent ne disparaît pas à coups de millions dans les poches des amis du Parti libéral, ils ne pourront pas accepter de se sacrifier en payant des tarifs et des taxes plus élevés».

Au premier ministre Charest qui «voyage à travers le monde pour fuir la réalité», Pauline Marois a demandé qu'il se rende plutôt à Ottawa. Et qu'il y reste «tant qu'on n'aura pas récupéré ce qui nous est dû». Notamment les 2,2 milliards $ que le ministre des Finances, Raymond Bachand, exige en vain au titre de l'harmonisation de la TPS et de la TVQ.

Par la voix de la ministre Line Beauchamp, le gouvernement libéral a vivement réagi aux propos de Mme Marois mettant en doute l'intégrité personnelle de Jean Charest.

En entrevue, la ministre de l'Environnement a souligné que Pauline Marois était membre du gouvernement péquiste qui a voté une «pension à vie» à son mari, l'ancien président de la Société générale de financement, Claude Blanchet.

Mme Beauchamp a dénoncé l'escalade verbale de la chef de l'opposition officielle, une femme qui, la semaine dernière, a avoué «se sentir dans l'obligation de changer de personnalité», de développer son «instinct de tueuse».

Elle «triche» avec les Québécois, a tempêté Mme Beauchamp. «Mais ça ne lui donne pas le droit d'inventer et de salir des réputations. Elle est allée beaucoup trop loin.»

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