Alors qu'il faisait toujours partie du gouvernement de M. Charest, l'avocat se rappelle très bien une rencontre à laquelle il avait participé en compagnie du premier ministre et de l'ancien président de la FTQ Henri Massé. La réunion s'était déroulée à la fin mars 2004.
M. Massé s'opposait fermement alors à la réforme que M. Bellemare souhaitait faire dans les tribunaux administratifs, en particulier à la Commission des lésions professionnelles (CLP), dans le cadre du projet de loi 35. Ce dernier avait reçu un très bon accueil, à l'exception de la FTQ. M. Bellemare voulait éliminer la présence d'un représentant des syndicats et des patrons à la table décisionnelle de la CLP, afin de laisser toute la place à un seul juge.
M. Massé avait réussi, selon l'ex-ministre, à convaincre M. Charest de maintenir le statu quo à la CLP. Pourtant, rappelle-t-il, sans la réforme à la CLP, le projet de loi 35 ne servait absolument à rien.
«Je me rappelle très bien qu'à la réunion, M. Charest m'avait dit qu'il fallait "se réconcilier avec
les syndicats", et que dans ce contexte, la réforme à la CLP n'aurait pas lieu. M. Massé avait eu beaucoup d'influence dans cette décision du premier ministre.»
Même s'il ne fait plus partie du gouvernement Charest depuis plus de cinq ans, M. Bellemare ne voit pas pourquoi la position du premier ministre à l'égard de la FTQ aurait changé.
«Rien ne me montre que la FTQ est moins influente auprès du premier ministre. La FTQ ne veut pas d'une enquête publique dans la construction, et le gouvernement ne bouge pas. Pourtant, les preuves sont assez évidentes qu'il en faudrait une, et le public souhaite aussi la tenue d'une telle commission d'enquête. Je souhaite qu'on en déclenche une.»
M. Bellemare avance d'ailleurs que l'influence de la FTQ est beaucoup trop importante dans la politique québécoise et qu'il est grand temps que le premier ministre se tienne debout devant ce syndicat.
L'avocat soutient aussi que la présence importante des entreprises de construction dans le financement du Parti libéral fait en sorte que le premier ministre ne bouge pas d'un iota. Il est convaincu que M. Charest ne veut pas brusquer les hommes d'affaires qui aident à financer son parti.










