Pauline Marois se débarrasse du SPQ Libre

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Ci-dessus, Pauline Marois, chef du PQ, et Marc Laviolette, du SPQ libre, s'embrassent au dévoilement de la plate-forme électorale péquiste en 2008.

Photothèque Le Soleil

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Pauline Marois a chassé le SPQ Libre des rangs péquistes sans état d'âme.

Si le couperet est tombé sur les Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre, c'est pour l'ensemble de leur oeuvre, a expliqué la chef souverainiste, dimanche, à Lévis. Mais aussi, peut-on comprendre, parce qu'ils constituaient un boulet pour le PQ dans l'opinion publique.

Officiellement, la direction du Parti québécois a décidé d'éliminer les «clubs politiques» internes. En fait, cette décision ne touche que le groupe de Marc Laviolette et de Pierre Dubuc, car aucun autre club n'a jamais été constitué au sein du PQ.

Il est clair que Mme Marois «cherche à se distancer des organisations syndicales», a accusé M. Laviolette.

Cet ancien dirigeant de la CSN affirme que sa chef «n'aime pas quand on contrarie son point de vue. Si on avait été des béni-oui-oui, on aurait continué à être reconnu comme club politique».

Il dénonce «une stratégie électoraliste». Il soutient que l'expulsion s'est déroulée dans la région de Québec pour séduire l'électorat adéquiste.

Son camarade Dubuc et lui n'excluent pas de quitter le PQ, même si Mme Marois les invite à militer au sein de sa formation - sans former quelque club que ce soit, cependant.

Jusqu'à nouvel ordre, les intéressés se considèrent comme des «membres indépendants du PQ». Ils consulteront leurs propres membres avant de décider s'ils déchireront leur carte du Parti québécois.

Le SPQ Libre compte 450 membres. Environ 325 adhèrent aussi au Parti québécois.

Le président du comité exécutif national du PQ, Jonathan Valois, juge que les militants de la base en avaient assez de ce «parti dans le parti», de la place qu'il occupait.

Certaines de ses prises de position ont choqué. Fin janvier, Marc Laviolette a dénoncé dans Le Devoir les propos de Mme Marois sur les syndicats et sur le «dégraissage» du secteur public. La chef péquiste n'a pas non plus apprécié qu'il livre dans une lettre dont la teneur a été révélée par Le Soleil l'ébauche du nouvel article 1 sur lequel travaille le PQ.

Après l'obligation de tenir un référendum «le plus rapidement possible au cours du prochain mandat», le Parti québécois songe à proposer «la tenue d'un référendum au moment jugé opportun», a-t-on pu apprendre alors.

Un clignotant

Pour Pauline Marois, il est faux de croire que cette expulsion concrétise un quelconque virage à droite de sa formation, qui a discuté de création de richesse durant toute la fin de semaine. Le PQ demeure un «parti progressiste plutôt de centre gauche», a-t-elle dit.

Pour donner le change, plusieurs députés péquistes ont évoqué le prochain colloque qu'ils tiendront en mai à Drummondville. Il portera sur le développement social. «Il y aura autant de travail qui va se faire sur l'égalité des chances qu'il vient de s'en faire sur la création de la richesse», a fait valoir la députée Agnès Maltais.

Le clignotant de la voiture péquiste n'est pas à droite, a assuré le député de René-Lévesque, Marjolain Dufour. «Il est à gauche.»

Ce que le PQ vient de rejeter, c'est en fait un certain type de gauche, une gauche souvent qualifiée de «syndicale».

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