Crise à la FTQ: tout est dans la loi, suffit de l'appliquer

Lois et règlements peuvent tout prévoir et tout circonscrire, s'il n'y a... (Hydro-Québec)

Agrandir

Hydro-Québec

 

Jean Pascal Lavoie
Le Soleil

(Québec) Lois et règlements peuvent tout prévoir et tout circonscrire, s'il n'y a personne pour les faire appliquer, ils ne sont que des coquilles vides. Selon un spécialiste des relations de travail, c'est ce qui semble se produire sur la Côte-Nord.

Jean Sexton en connaît un bout sur les relations de travail des grands chantiers. Il était l'un des quatre commissaires chargés de l'enquête sur la Gaspésia. C'est lui qui, dans le rapport, a formulé les recommandations pour éliminer l'intimidation, la discrimination, limiter l'influence des délégués de chantier et encadrer le placement syndical sur les grands chantiers. Celles-ci se sont retrouvées dans le projet de loi 135, «adopté à l'unanimité par l'Assemblée nationale», indique le professeur retraité de l'Université Laval.

Pourtant, à peine cinq ans plus tard, l'histoire semble se répéter sur le chantier de la Romaine, où des allégations d'intimidation et de discrimination pèsent sur le représentant du local 791 du Syndicat des opérateurs de machinerie lourde, affilié à la FTQ-Construction, Bernard «Rambo» Gauthier.

«C'est bien la preuve que si la loi n'est pas appliquée, ou n'est pas applicable, elle ne donne rien, note Jean Sexton. La Commission [des relations du travail] attend les plaintes...»

En fait, un travailleur se disant victime d'intimidation, de discrimination ou de menace sur un chantier a 15 jours pour déposer une plainte à la Commission des relations du travail. Un processus pouvant prendre plusieurs mois s'enclenche ensuite et, si les allégations du demandeur s'avèrent, il peut recevoir compensation, et les coupables sont passibles, entre autres, d'amendes allant de 400 à 13 975 $.

La présence d'inspecteurs sur les chantiers ne nuirait sans doute pas, «mais si les ressources pour faire appliquer la loi n'y sont pas... laisse tomber M. Sexton. Deux ou trois policiers sur un chantier, ça aide toujours, mais c'est loin, la Romaine.»

Affaire déjà entendue

Les allégations sur les agissements de Bernard Gauthier sur le chantier de la Romaine, révélées par un reportage de l'émission Enquête, ont rapidement été récupérées pour relancer les demandes d'enquête publique sur l'industrie de la construction. Selon Jean Sexton, l'affaire a déjà été entendue.

«Le débat sur la nécessité d'une commission d'enquête publique est faussé, explique-t-il. Ce qui se passe à l­a Romaine, tout est déjà là, dans la loi. C'est seulement qu'elle n'a pas de dents.»

Si enquête publique il doit y avoir, elle devrait porter sur l'attribution des contrats par les organismes publics, note-t-il, en exprimant cependant certaines réserves. «C'est gros une commission d'enquête publique. Quel mandat aurait-elle? Qui serait

appelé à y participer? Le problème n'est pas l'industrie de la construction comme telle, mais tout ce qui gravite autour : la présence du crime organisé, les enveloppes brunes dans les municipalités, etc. Ça relève davantage du criminel, d'une commission comme la CECO [la Commission d'enquête sur le crime organisé dans les années 70]. Ça ne touche pas du tout aux relations de travail dans l'industrie. Il ne faut pas tout mélanger.»

Cyberpresse vous suggère

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer