À travers différentes entrevues au cours des derniers jours, notamment au Soleil, l'ancien titulaire de la Justice a abordé la question de l'indépendance du gouvernement libéral vis-à-vis de l'industrie de la construction. Selon lui, le parti de Jean Charest serait peu enclin à déclencher une enquête publique sur le secteur en raison des sommes considérables versées par des entrepreneurs en construction dans la caisse électorale libérale.
«C'est certain que s'il y a une commission d'enquête publique et que je suis appelé à témoigner, bien j'aurais des choses à dire, a déclaré l'avocat au FM 93. Mais ce n'est pas des choses qui se disent sur les ondes.»
L'ancien ministre libéral, dont la carrière politique fut de courte durée, soutient que ses révélations «pourraient embarrasser le gouvernement». Ce dernier serait très peu intéressé à ce qu'elles soient révélées dans le cadre d'une «commission vaste du type Gomery», poursuit-il.
Des propos qui ne sont pas tombés dans l'oreille d'un sourd. Le directeur général des élections (DGE) souhaite que M. Bellemare poursuive son analyse des entrées d'argent au PLQ.
«Face aux propos d'un ancien ministre de la Justice, il est sûr que nous prenons ça au sérieux, indique Cynthia Gagnon, du bureau du DGE. Nous avons décidé d'enclencher un processus de vérification. Cela nous permettra de parler à M. Bellemare pour voir s'il a des choses à nous dire concernant le financement du PLQ, comme il l'a mentionné en entrevue.»
Il n'a pas été possible de nous entretenir avec M. Bellemare et de savoir s'il acceptera d'ouvrir son jeu au DGE.
Le PQ en remet
Mardi, en Chambre, le PQ a interrogé le gouvernement sur ses intentions à la suite des déclarations de l'ancien procureur général. «À partir du moment où le premier ministre est informé d'une telle chose, il n'a pas d'autres choix que de poser un geste concret pour s'assurer que ces allégations sont fausses», a lancé la chef de l'opposition, Pauline Marois.
Le leader parlementaire, Jacques Dupuis, a rétorqué que la Sûreté du Québec et le DGE avaient tous deux pleine autorité pour entreprendre les enquêtes qu'ils jugent pertinentes. Il a accusé Mme Marois de camper dans un rôle de «Rambo», une allusion à l'homme fort de la FTQ au local 791, sur la Côte-Nord, Bernard Gauthier.
M. Dupuis a suggéré à son ancien collègue Bellemare d'aller lui-même révéler à la police les informations qu'il détient. «Nous ne tolérons pas et nous ne tolérerons pas que des gestes illégaux soient commis, de quelque nature que ce soit», a déclaré M. Dupuis.
Plus tôt, son collègue ministre Sam Hamad a indiqué que quatre inspecteurs de la Commission de la construction du Québec ont été envoyés sur la Côte-Nord pour faire état de la «situation très préoccupante» sur les chantiers révélée par les reportages d'Enquête, à Radio-Canada.
«Notre objectif à très court terme est de sortir les pommes pourries le plus rapidement possible», a fait savoir M. Hamad.

















