«Il y aura un ménage dans les dépenses», promet Charest

En entrevue au Soleil, hier, le premier ministre... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

En entrevue au Soleil, hier, le premier ministre Charest a mis la table pour le budget du mardi 30 mars.

Le Soleil, Patrice Laroche

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) Jean Charest confirme que les Québécois devront supporter des augmentations de tarifs, mais il s'engage à ce que le retour au déficit zéro passe d'abord et avant tout par un «ménage» dans les dépenses gouvernementales. «Il y aura une remise en question automatique des programmes qu'on s'est donnés», annonce-t-il.

En entrevue au Soleil, hier, alors que les allégations sur le financement de son parti plombent les débats politiques au Québec, le premier ministre a senti le besoin de mettre la table pour le budget du ministre des Finances, Raymond Bachand.

Il sera dévoilé le mardi 30 mars. On y découvrira que le déficit budgétaire pour l'année en cours sera légèrement moins élevé que les 4,7 milliards $ prévus l'automne dernier, a-t-il laissé entendre. Il a noté qu'«on ne dépassera pas ça».

Jean Charest a juré qu'il «entend très bien» les doléances des citoyens qui se sentent étranglés financièrement et qu'il ne les ignore pas.

Mais la réalité, a-t-il tout de suite enchaîné, «est que le revenu disponible des Québécois a augmenté de 2003 à aujourd'hui». Son gouvernement, souligne-t-il, a réduit les impôts et transféré davantage d'argent à de nombreux citoyens, notamment à travers les allocations familiales.

Si l'ajout d'un point supplémentaire de TVQ (en sus de celui déjà prévu en janvier 2011), ainsi qu'une hausse et un élargissement des services tarifés peuvent avoir sa faveur, c'est que ce mode de prélèvements permet aux citoyens d'exercer des choix, explique-t-il. L'objectif est de rééquilibrer le budget en 2013-2014.

Les tarifs «nous placent au moins dans une situation où les gens peuvent faire des choix», insiste-t-il. Il illustre son propos en évoquant «la consommation d'énergie».

Un exemple qui rappelle que le ministère des Finances jongle depuis plusieurs semaines avec différents scénarios, comme le dégel du tarif du bloc patrimonial d'Hydro-Québec et une nouvelle hausse de la taxe sur le carburant.

M. Charest a refusé d'être précis sur ces sujets, laissant le soin à son ministre Raymond Bachand de les dévoiler dans son budget.

Sept ans après son arrivée au pouvoir, et après un exercice de «réingénierie» controversé, le premier ministre promet aussi qu'«il y aura un ménage dans les dépenses du gouvernement». C'est ce sur quoi il a voulu mettre l'accent, hier.

C'est ce même mardi 30 mars que la présidente du Conseil du trésor présentera le plan de révision générale des programmes et des politiques de l'État québécois. Un plan attendu, censé permettre au gouvernement de limiter la croissance des dépenses à 3,2 % au moins jusqu'en 2013-2014, date d'ici laquelle il devra trouver 5,1 milliards $ supplémentaires pour équilibrer les comptes.

Pertinence des programmes

«On veut pousser plus loin cette culture permanente de remise en question des programmes dans leur application.» Il faut s'interroger sur la «pertinence» de certains programmes et politiques, quitte à en passer un jour certains à la trappe, dit-il.

Certaines informations veulent que l'aide aux entreprises, qui s'élève à 3,3 milliards $ par année, soit réduite à court terme.

Sans s'arrêter sur cet aspect particulier, M. Charest estime qu'il peut aller beaucoup plus loin aujourd'hui dans l'exercice de révision des programmes gouvernementaux qu'en 2003, lorsqu'il a pris le pouvoir. «Le contexte a évolué. Les gens sont mieux informés de questions comme l'endettement. Ils sont davantage réceptifs.»

Le chef du gouvernement dit cependant vouloir procéder dans l'ordre et de façon méthodique. «On veut éviter les erreurs des gouvernements passés, du PQ entre autres, qui ont posé des gestes qui ont eu des conséquences assez graves à long terme.»

L'immobilisme n'est pas une option, d'après lui. «On part d'une position intéressante. Le Québec a connu une meilleure performance économique qu'ailleurs. Notre dette se situe dans la moyenne des pays de l'OCDE. Mais si le problème est plus aigu ici qu'ailleurs, c'est parce que notre population vieillit plus vite.»

Jean Charest soutient que «ce sera un budget charnière pour l'avenir du Québec», que l'État québécois franchira une étape le 30 mars.

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer