Pas question que les négos s'éternisent, dit Ga­gnon-Tremblay

Jean-Marc Salvet
Le Soleil

(Québec) La présidente du Conseil du trésor est prête à négocier quelques jours au-delà de l'échéance du 31 mars avec le Front commun intersyndical, mais elle prévient qu'elle ne permettra pas que «ça s'éternise».

En entrevue, hier, Monique Gagnon-Tremblay a soufflé le chaud et le froid sur les négociations en cours dans le secteur public, tout comme le premier ministre Jean Charest.

La présidente du Conseil du trésor appelle ainsi le Front commun regroupant 475 000 employés de l'État à entreprendre dès lundi un «blitz de négociations».

L'objectif est d'en arriver à une entente le 31 mars, souligne-t-elle, «date proposée à l'origine par les dirigeants syndicaux» et à laquelle elle tient elle-même désormais beaucoup. «On a mis sur la table une offre très raisonnable», a pour sa part confié Jean Charest. «Le Québec est probablement le seul endroit au Canada à ne pas avoir proposé un gel.»

Le premier ministre se dit toutefois prêt «à reconnaître la situation particulière d'un groupe», comme celui des infirmières. «Il est possible de le faire», déclare-t-il.

«Le gouvernement est disposé à résoudre des problématiques pressantes», confirme la présidente du Conseil du trésor. «Celles liées au travail des infirmières, ainsi que le renforcement du soutien aux enseignants oeuvrant auprès des enfants en difficulté.»

Les deux parties doivent s'investir dès lundi dans la recherche d'un règlement, ajoute-t-elle. Sans le dire clairement, elle laisse entendre que son gouvernement pourrait «bouger» un peu, mais que les discussions devront finir par avoir un terme.

«Actuellement, c'est 2,3 milliards $ qu'on a sur la table. Les demandes syndicales sont de l'ordre de 5 milliards $. Je suis incapable d'aller dans ce sens-là. On ne les a pas ces 5 milliards $. Il faut que chacun bouge.»

«Et c'est pour ça que, pour moi, c'est un blitz final» qui s'amorce. «On a 12 jours» pour conclure le 31 mars.

«Si j'ai une entente à portée de main, c'est pas quelques jours de plus qui changeront quelque chose, précise-t-elle cependant. On ne fermera pas la porte. Mais, par contre, je ne me permettrais pas que ça s'éternise.»

Pour ne pas braquer leurs interlocuteurs, tant M. Charest que Mme Gagnon-Tremblay ont pris soin d'éviter le mot décret ou d'évoquer quelque loi spéciale que ce soit. Les prochains jours seront consacrés aux négociations intensives, disent-ils.

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