L'avocat n'apprécie pas, mais pas du tout la façon avec laquelle il a été traité par le bureau DGE au cours des derniers jours.
Selon lui, ce ne sont pas les informations «embarrassantes» pour le gouvernement qu'il dit détenir qui ont fait bouger le DGE.
Ce n'est qu'à «partir du moment où Jean Charest dit à l'Assemblée nationale qu'il faut aller au DGE, [que] le téléphone se met à sonner chez nous et à mon bureau», confie au Soleil l'ex-élu de Vanier. «[...] Ça ressemble à du copinage entre le DGE et le premier ministre.»
M. Bellemare ne s'explique pas que son assignation ait fait l'objet d'un communiqué de presse et que la perspective d'un outrage au tribunal ait été évoquée.
«Je suis très étonné que le DGE ait mis l'emphase là-dessus publiquement, dit-il. Ça le déshonore et ça le discrédite. [...] J'exhorte M. [Marcel] Blanchet [le DGE] à attacher ses chevaux et à garder la tête froide.»
L'ex-ministre de la Justice maintient qu'il sait des choses délicates sur le financement du PLQ par des entreprises de la construction. «Je veux établir la présence d'un réseau de collecte, c'est ça que je veux mettre en preuve», dit-il, refusant d'ouvrir davantage son jeu.
Différentes règles liées à son ancien statut de procureur général et auxquelles il est toujours soumis l'empêchent de dévoiler des informations obtenues dans l'exercice de ses fonctions sans une «immunité absolue». Une immunité que ne peut lui offrir le DGE.
«Il devrait savoir ça», lance M. Bellemare à son endroit. «Moi, je n'ai absolument rien à me reprocher. Je n'irai pas là à genoux.»
Jeudi, l'ADQ a dit chercher une façon d'offrir cette immunité à M. Bellemare par le truchement d'une commission parlementaire à l'Assemblée nationale.
«C'est une avenue, souligne-t-il. C'est à considérer. Moi, je regarde le forum et les garanties que cela donne. Je ne veux pas violer trois ou quatre lois pour donner au citoyen québécois de l'information qui pourrait l'éclairer.»
Enquête «personnalisée»
Une commission d'enquête publique avec à sa tête un juge qui décide de l'étendue de son mandat reste le meilleur moyen d'avoir un portrait d'ensemble, croit M. Bellemare. Mais une «enquête personnalisée» comme le DGE veut le faire avec lui n'aurait pas la même efficacité, poursuit-il.
«Vous avez un premier ministre complètement paniqué à l'Assemblée nationale, qui dit des faussetés, qui ne veut pas faire d'enquête, qui se met la tête dans le sable et qui dit au DGE quoi faire, analyse M. Bellemare. [...] Je suis très perplexe. Par son attitude, le DGE protège le premier ministre. Il accrédite son refus de tenir une commission d'enquête.»
Sans surprise, au cours des derniers jours, l'ex-député a reçu quelques coups de téléphone de personnes qui gravitent autour de son ancien parti. «J'ai eu des appels que je n'ai pas retournés, dit-il. Ça ne m'intéresse pas.»
Il souligne par ailleurs qu'il n'a jamais parlé d'illégalités dans le financement, mais bien d'informations embarrassantes. «Plusieurs articles parlent d'illégalités, note M. Bellemare. Pas nécessairement. Peut-être, mais ce n'est pas à moi à le décider.»













