«On ne pouvait rêver d'un engagement plus fort du président en faveur de la langue française et du rôle politique de la Francophonie. C'est un beau cadeau pour nos 40 ans», a commenté après son allocution le numéro deux de l'OIF, le Québécois Clément Duhaime.
Pour le représentant personnel du président auprès de la Francophonie, Jean-Pierre Raffarin, les déclarations de Nicolas Sarkozy marquent une «inflexion importante» de la politique francophone de la France, un changement de ton qui ne manquera pas de réjouir ceux qui, au Québec notamment, ont souvent déploré la timidité de Paris face à la défense du français.
Samedi dans le salon d'honneur de l'Élysée, c'est un véritable plaidoyer en faveur de la Francophonie et de la langue française qu'a livré le chef de l'État français devant plusieurs centaines d'invités réunis autour du secrétaire général de l'OIF, Abou Diouf.
«En défendant le français, vous défendez toutes les identités culturelles du monde», leur a dit le chef de l'État français, en soulignant que «si on cède sur le français, on cédera sur toutes les autres cultures et toutes les autres langues du monde».
Intransigeance francophone
En appelant à une «intransigeance francophone», Nicolas Sarkozy a même sermonné les diplomates et les hauts fonctionnaires français qui, croyant faire «intelligent ou moderne», sont «tellement heureux de parler anglais» dans les grandes enceintes internationales. «La francophonie est pour la diplomatie française une priorité. Encore faudrait-il que tous les diplomates français y croient», a lancé le président en dénonçant une «espèce de snobisme».
L'ancien premier ministre Raffarin a déjà fait de l'«intransigeance francophone» son cheval de bataille. Il s'est rendu en février à l'ONU pour tenter de contrer le recul du français (qui y a le statut de langue officielle. «Parfois, je me prends pour un Québécois», a dit M. Raffarin à La Presse Canadienne, en annonçant son intention d'interpeller les responsables français des grandes instances internationales, comme Dominique Strauss-Khan (FMI) ou Jean-Claude Trichet (Banque centrale européenne), pour qu'ils fassent aussi leurs «grandes interventions stratégiques» en français.
Au départ, Nicolas Sarkozy devait profiter du 20 mars pour inaugurer le nouveau siège que la France a donné à l'OIF. Comme les travaux sont en cours, l'inauguration a été reportée de quelques mois.












