Des relevés obtenus par la Loi sur l'accès à l'information indiquent qu'Hydro-Québec, la Société générale de financement (SGF), la Caisse de dépôt et placement du Québec, l'Autorité des marchés financiers (AMF) et Investissement Québec ont signé pour 52,1 millions$ en chèques à des procureurs du privé.
Loto-Québec n'a pas voulu préciser les sommes qu'elle leur a consenties. Cette société, une des «vaches à lait» du gouvernement québécois, s'est contentée de mentionner qu'elle a payé 25,8 millions$ en cinq ans pour des services juridiques.
Ce total comprend la rémunération des 13 avocats qui travaillent à son service du contentieux sans la distinguer de ce qui est réservé aux cabinets privés. Elle est la seule à avoir refusé de divulguer ce que lui coûte l'appel au privé.
Loto-Québec fait affaire avec des firmes externes, comme le démontre le recours collectif engagé contre elle par des joueurs compulsifs qui se disent victimes des appareils de loterie vidéo. La défense de la société d'État est assurée par la réputée firme Heenan Blakie Aubut.
C'est l'Autorité des marchés financiers qui a déboursé le plus d'argent en contrats à l'externe, pour des factures totalisant 16 482 564$. Par sa vocation de chien de garde du monde de l'investissement, l'AMF se trouve souvent devant les tribunaux.
Son service du contentieux compte 42 avocats. Mais 75 autres procureurs y travaillent également, à titre d'analystes ou d'inspecteurs, par exemple.
La Caisse de dépôt et placement suit, tout juste derrière l'Autorité. Sa note pour les avocats atteint 15,4 millions$. Presque la moitié de cette somme (7 millions ) a été facturée en 2008, année de la grande débâcle financière internationale.
Malgré son imposant service du contentieux (61 personnes, dont 37 avocats), Hydro-Québec a accordé 9,2 millions$ en honoraires à des firmes privées. Tout comme Loto-Québec, Hydro a notamment refusé d'identifier les cabinets bénéficiant des contrats.
Une règle à la SGF
La Société générale de financement a payé 9,8 millions$, en cinq ans. Mais la SGF a entrepris d'appliquer une règle pour refiler une partie de la note à leurs partenaires. Elle a récupéré un peu plus de 2 millions$.
Finalement, Investissement Québec s'est distingué au chapitre de la modestie. Depuis 2005, les chèques aux cabinets privés ont totalisé 1,2 million$. C'est moins que le budget annuel de sa Direction des affaires juridiques, qui est de 1,5 million$.













