Une source gouvernementale bien placée a confirmé au Soleil, mercredi, que «cette possibilité est fortement réaliste». Elle a fait l'objet de plusieurs discussions depuis quelque temps, selon nos informations. Notre interlocuteur a refusé de s'avancer davantage, invitant à attendre les annonces qui seront faites dans le budget de mardi.
Si elle devait se concrétiser, cette mesure touchant les députés serait essentiellement symbolique, a-t-on par ailleurs convenu. Les économies réalisées ne représenteraient quasiment rien par rapport aux besoins des finances publiques québécoises.
À titre d'exemple, le chiffre du déficit qui sera dévoilé lors du budget devrait s'élever à presque 4,7 milliards $ pour l'année fiscale qui s'achève.
La mesure serait d'abord politique. Elle a été envisagée pour envoyer un message aux citoyens.
Il s'agirait de «donner l'exemple», pour reprendre une expression consacrée employée par le premier ministre Jean Charest dans l'entrevue qu'il a accordée au Soleil vendredi.
Inévitablement, en raison du calendrier, le message s'adresserait également aux 550 000 employés de la fonction publique québécoise et des réseaux de la santé et de l'éducation, lesquels espèrent conclure leurs négociations avec l'État-employeur le lendemain du budget, le 31 mars.
Le gouvernement leur offre 5 % d'augmentation salariale sur cinq ans, alors que d'autres provinces ont imposé un gel à leurs employés, a récemment souligné M. Charest. Des négociations intensives ont été lancées lundi.
Les 125 députés québécois reçoivent un salaire annuel de base de 85 388 $. À cela s'ajoutent des «indemnités additionnelles» de 89 657 $ pour le premier ministre et de 64 041 $ pour les ministres, la chef de l'opposition officielle et le président de l'Assemblée nationale. De très nombreux députés touchent également des indemnités variant entre 12 000 $ et 20 000 $ par année.
Le cas échéant, l'opposition officielle ne manquera pas de rappeler, comme elle l'a fait mercredi dans un autre dossier, que Jean Charest bénéficie aussi d'une «rallonge» de 75 000 $ du Parti libéral du Québec.
Dans les circonstances actuelles, où tous les Québécois seront appelés à faire un effort, cette mesure constituerait un message politique «fort», a soutenu notre source en reparlant de «possibilité fortement réaliste». Une façon de dire les choses qui laisse à M. Bachand le soin de les confirmer lui-même.
Au fédéral, le gel des salaires des élus, des sénateurs et des budgets des bureaux de ministres entraînera des économies d'un million de dollars.




















