Lors d'un entretien avec Le Soleil, mercredi, Mme Marois a précisé que «c'est une chose très sérieuse» pour une chef de l'opposition officielle comme elle d'affirmer que la «légitimité» d'un gouvernement s'effrite. Elle dit choisir ses mots avec précaution.
Car un gouvernement, tout majoritaire soit-il, n'est rien sans légitimité, dit-elle. Il «ne peut pas faire n'importe quoi. Il faut qu'il soit à l'écoute des citoyens».
Pauline Marois se garde bien de réclamer la démission de Jean Charest et de son gouvernement. Ni elle ni son parti n'en sont «à cette étape», a-t-elle insisté.
«Je ne veux pas aller plus loin à ce moment-ci. Je veux me réserver la possibilité d'intervenir lorsqu'il sera pertinent de le faire.»
Ce qui la préoccupe, pour l'heure, «c'est le climat très malsain» qui s'est installé au Québec, selon ce qu'elle observe.
«Ça nuit à la démocratie. Ça nuit aussi au respect qu'ont les citoyens à l'égard des institutions et des personnes qui les dirigent.» Elle en impute la responsabilité à Jean Charest lui-même.
«J'en appelle au sens de l'honneur du premier ministre pour éviter que ça ne se détériore davantage et que ça ne dérape davantage.»
Elle invite M. Charest «à poser le geste courageux qu'il doit poser» : créer une commission d'enquête publique sur le trafic d'influence et les liens entre le milieu de la construction et le Parti libéral du Québec. «Nos institutions sont en cause», plaide-t-elle.
Quelques heures après cet entretien, en point de presse, le leader parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, a regardé dans la même direction que Mme Marois.
«Tout cela a des conséquences sur la confiance du public envers ses institutions.» Les citoyens et les députés du Parti québécois «en ont ras le bol», a-t-il lancé en évoquant, entre autres, les affirmations de Marc Bellemare.
«Si ces soupçons s'avéraient vrais, si ces allégations s'avéraient vraies, c'est sûr que ça va entraîner des conséquences irrémédiables pour le premier ministre.»



















