Industrie forestière: à l'étape des préarrangements funéraires, juge le PQ

Michel Corbeil
Le Soleil

(Québec) Le gouvernement Charest ne croit tellement plus dans l'avenir de l'industrie forestière qu'il en est à l'étape des «préarrangements funéraires» pour les usines et les emplois qu'elles fournissent, accuse le Parti québécois.

Hier, à l'Assemblée nationale, pendant que le ministre Clément Gignac (Développement économique) répliquait que 1,8 milliard $ ont été consacrés à soutenir ce secteur, le critique péquiste Denis Trottier a affirmé que «les milliards de dollars» en aide promise «n'existent pas».

«La réalité, c'est qu'on se sacre de l'industrie forestière, a lancé l'élu de la circonscription de Roberval. On n'y croit plus! Le gouvernement s'est développé une nouvelle spécialité, les arrangements préfunéraires.[...] On dit aux travailleurs, "on va vous accompagner", mais on prend le client comme étant cliniquement mort.»

En entrevue téléphonique, le député du PQ a réitéré que le gouvernement se limite à «recycler ses annonces de subventions». Selon lui, Jean Charest et son équipe n'ont «pas de vision pour la forêt» et négligent d'examiner de nouvelles utilisations du bois. Il a mentionné l'idée de fournir l'électricité aux Îles-de-la-Made­leine en remplaçant des installations au mazout par d'autres brûlant des granules de bois.

Au Salon bleu, il a lancé que Québec s'est «fait rouler dans la farine» par AbitibiBowater. Les retraités ne savent toujours pas à quoi s'attendre avec les prestations, des travailleurs n'ont toujours pas leurs «primes de départ» et la moitié des postes coupés par la restructuration du géant des pâtes et papiers le seront au Québec, a-t-il soutenu.

Pour l'élu, «ce n'est pas normal». Il a soutenu qu'AbitibiBowater s'est servie de l'argent public pour «payer la prime de départ de l'ancien président» de la compagnie, John Weaver.

Le péquiste a été contredit sur ce dernier point. Le prêt de 100 millions $ a été remboursé, a informé le ministre Gignac. Et ce soutien avait été consenti après que les avocats du gouvernement eurent informé les tribunaux qu'il ne devait pas financer l'indemnité de M. Weaver, complète son entourage.

L'entourage du ministre a insisté pour faire valoir que les programmes d'aide sont dotés de budgets totalisant 1,8 milliard. À peu près tout l'argent est «engagé dans le cadre de ce plan massif d'aide», s'est-on fait dire.

En Chambre, le ministre titulaire du portefeuille du Travail, Sam Hamad, a insisté qu'une aide directe de 152 millions $ a été consentie pour la formation, le reclassement ou la mise à la retraite de forestiers. Il a surtout souligné que les discussions sur la question des fonds de pension réunissent tous les intervenants, des fonctionnaires aux syndiqués en passant par la compagnie et les retraités.

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