Q Après les travailleurs sociaux, les avocats, les plombiers, les bouchers et les autres, combien de nouveaux arrangements seront-ils négociés entre la France et le Québec d'ici la fin de l'année?
Gil Rémillard : Nous devrions atteindre un total de 70 à 75 ententes. Mais le processus ne se terminera pas en décembre. Il y en aura d'autres par la suite.
Yves Doutriaux : Il y a même des métiers auxquels nous n'avons pas encore songé et que nous allons encore découvrir au fur et à mesure, j'en suis sûr. Mais si on veut cibler ce qui peut encore se faire d'ici la fin de l'année, on peut citer les professions d'infirmière, d'agronome, de vétérinaire; d'autres métiers aussi, dans les domaines de l'eau et de l'automobile, par exemple.
Q La mise en oeuvre de certaines ententes déjà signées n'évolue pas au même rythme au Québec et en France, non?
Yves Doutriaux : C'est vrai. Certains arrangements signés ne sont pas encore entrés en vigueur dans le sens France-Québec, mais le sont dans le sens Québec-France. Je pense aux experts-comptables.
Nous avons déjà d'ailleurs enregistré des demandes de gens venant de l'Ordre des comptables agréés et des comptables généraux agréés du Québec. Ces gens se sont inscrits dans le processus pour venir travailler en France.
Q Où en sommes-nous avec les médecins?
Yves Doutriaux : Chez nous, en France, on doit publier un décret d'ici la mi-juillet qui permettra l'application de l'arrangement convenu.
Gil Rémillard : Ici, l'Ordre des médecins du Québec doit adapter son règlement professionnel, ce qui devrait être réalisé à la mi-juillet ou au début d'août. Après, les médecins candidats, Français et Québécois, pourront traverser l'Atlantique.
Q Combien de personnes profiteront de cette «reconnaissance des qualifications des professions et des métiers réglementés»? Il ne semble exister encore aucune évaluation?
Gil Rémillard : C'est très difficile à évaluer. D'autant qu'il ne faut pas seulement considérer le nombre de Français qui en profiteront pour venir s'établir au Québec et le nombre de Québécois qui iront en France. Il faudrait aussi pouvoir prendre en compte les projets d'investissements d'entreprises québécoises en France et françaises au Québec. Elles sont concernées par de tels accords. Pensez par exemple à des gens de CGI et de SNC-Lavalin qui iront travailler dans des filiales en France pendant deux ou trois ans.
Q Les poids différents du Québec et de la France font-ils que nécessairement davantage de Français que de Québécois profiteront de ces nouvelles facilités d'insertion en emploi?
Yves Doutriaux : C'est ce que suggèrent les règles de probabilité. Nous sommes 62, 63 millions en France. Mais en proportion de nos populations respectives, je crois que cela sera à peu près équilibré. Pas pour chaque métier ou chaque profession, mais globalement.
Les Français adorent déjà venir s'installer au Québec. Ils sont déjà 100 000. On peut penser que les arrangements signés ou en perspective pourraient accroître leur nombre.









