Un dernier câlin avant la guerre

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Renée Rodrigue reçoit l'accolade de sa mère, Carole Guénette. Les militaires partis hier seront en Afghanistan pendant neuf mois.

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Josée Guimond
Le Soleil

(Québec) Il y avait des larmes sur bien des visages, lundi après-midi, dans un hangar de la base militaire de Valcartier, à l'aube du départ d'un autre contingent militaire qui doit rejoindre la mission canadienne en Afghanistan. Petits et grands se faisaient des derniers câlins pour se préparer à neuf longs mois de séparation.

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Océane, sept ans, dit au revoir à son père, le caporal Danny Carroll.

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La caporale Renée Rodrigue et son conjoint Christian Breton

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Ce départ concernait le 430e Escadron tactique d'hélicoptères (430 ETAH), la seule unité de force aérienne de Valcartier. Lundi, 53 militaires se sont envolés pour rejoindre l'armée canadienne en sol afghan. Au total, c'est 174 membres du 430 ETAH qui seront à Kandahar pour assurer un soutien opérationnel aérien aux troupes sur le terrain. Une quarantaine de membres du 430 ETAH sont déjà sur place et le reste des militaires, qui complétera l'unité, partira à la fin du mois.

Côté hélicoptères, six appareils Chinook seront utilisés, de même que huit Griffon, ces derniers protégeant surtout les premiers. Leur mission : assurer un appui aérien de transport en hélicoptères pour la marchandise et, surtout, pour les militaires canadiens. «Le but, c'est d'avoir le moins d'hommes possible sur les routes dangereuses», explique le commandant de l'escadron, le lieutenant-colonel Erick Simoneau, qui partait pour une troisième mission en Afghanistan, lundi soir.

Les militaires partis lundi reviendront en avril. Les missions sont souvent d'une durée de six mois, mais cette fois, neuf mois en terrain ennemi sont prévus. «La préparation technique a été la même, mais la préparation psychologique a été plus délicate», estime le commandant de l'escadron, avouant qu'il est plus difficile de faire avaler une mission de cette durée, tout en rappelant que tous les militaires y vont sur une base volontaire.

«Au jour le jour»

Plusieurs n'en étaient d'ailleurs pas à leur première mission à l'étranger. Dany L'Écuyer, 25 ans, en est à sa troisième mission en Afghanistan. Cette fois, il laisse derrière lui, en plus de sa conjointe, Carolyne Brisebois, le petit Nathan, âgé de seulement cinq mois.

«C'est maintenant plus difficile de laisser la famille ici que d'aller là-bas», estime Dany. Pour sa conjointe, ce sera une première mission, qu'elle compte bien vivre «au jour le jour».

De son côté, la caporale Renée Rodrigue, 29 ans, vivait son premier départ pour une mission à l'étranger. Elle avait hâte de partir, mais s'ennuiera de sa fille de 10 ans et de son garçon de cinq ans. Ces derniers connaissent déjà le principe des missions, leur papa étant lui aussi militaire. «Mais c'est sûr que quand c'est maman qui part, c'est pas pareil», constate Renée. Son conjoint actuel, Christian Breton, trouve cette séparation difficile à vivre, mais accepte le métier de son amoureuse.

Enfin, un habitué des missions à l'étranger, le caporal Danny Carroll, vivait son quatrième départ, lundi. Il prenait le tout avec philosophie, tout comme sa conjointe, Isabelle. «C'est sûr qu'on veut qu'il revienne en un seul morceau et pas dans une boîte», prend-elle soin de préciser. Océane, sept ans, et Lily-Douce, cinq ans, attendront aussi papa. «Mais on va se parler souvent par Internet, avec notre nouvelle webcam», lance M. Carroll, pour rassurer sa petite dernière. «Ok, on va se parler sur le Laptop», conclut Lily-Douce, mi-figue mi-raisin devant le départ de son papa.

Vers la fin de la mission

Le prochain départ majeur des militaires de Valcartier se fera cet automne, pour ce qui semble être un des derniers grands déploiements de la mission canadienne en Afghanistan, qui doit se terminer l'an prochain. Entre 2000 et 2300 soldats s'envoleront vers Kandahar, en octobre, à raison de 100 à 150 militaires tous les deux ou trois jours. Les modalités exactes de toute cette mission restent à déterminer, précise Alex Maillé, porte-parole de la base militaire. Mais tout indique que la mission actuelle de l'armée canadienne prendra bel et bien fin, comme prévu.

«On nous a dit qu'on n'aurait pas à se préparer à nouveau pour l'Afghanistan», confirme le lieutenant-colonel Erick Simoneau, commandant du 430e Escadron tactique d'hélicoptères. Les militaires canadiens pourraient demeurer à Kandahar jusqu'à la toute fin de 2011. Ils y sont déployés depuis 2002.


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