Financement des partis politiques: les libéraux dégringolent

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Tous les partis de l'Assemblée nationale, sans exception, sont touchés par la chute des contributions au financement. Cependant, il faudra attendre l'an prochain pour déterminer si une tendance se dessine.

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Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) Même si ses revenus ont subi en 2009 leur pire chute des 10 dernières années, le Parti libéral du Québec n'y voit pas les signes d'une montée du cynisme ou d'un mécontentement envers le gouvernement.

Le rapport annuel du Directeur général des élections (DGE) sur le financement des formations politiques provinciales, publié en juin, a montré que les contributions à tous les partis ont fondu de 36 % en 2009, passant de 18 millions $ à quelque 11,5 millions $.

Vrai que l'année 2008 a été une année électorale, donc une période où les collecteurs de fonds mettent les bouchées doubles. Mais, même en la comparant à une année postélectorale telle que 2004, le nombre de donateurs à tous les partis a diminué en 2009. À peine 49 000 contributeurs ont mis la main dans leur poche l'an dernier, soit 13 % de moins qu'en 2004, et 20 % de moins qu'en 2005 et en 2006.

«On remarque une grosse diminution, convient Audrey Garon, du bureau du DGE. Ça ne touche pas un parti plus qu'un autre. On constate le résultat, mais on ne peut pas faire des hypothèses sur les causes. On ne sait pas précisément ce qui a pu engendrer cela. On verra l'an prochain s'il y a toujours une tendance dans ce sens.»

Bien qu'importantes, les per-tes de revenus encaissées par le PQ et l'ADQ en 2009 sont moindres que celles observées dans l'année qui a suivi l'élection des libéraux en avril 2003. S'il demeure de loin le parti le plus riche, le PLQ est celui dont la diminution de revenus par rapport à 2004 est la plus grande.

En espèces sonnantes et trébuchantes, la différence est notable. Ainsi, les revenus totaux au Parti libéral du Québec sont passés de 12,7 millions $ en 2008 à 9,1 millions $ en 2009. Cette cure minceur de 28 % est la plus sévère à s'imposer aux livres de comptabilité libéraux depuis au moins 10 ans. Cette baisse suit pourtant la victoire des libéraux aux élections de décembre 2008. En 2004, après leur arrivée au pouvoir, leurs revenus étaient demeurés sensiblement les mêmes.

Même si les collecteurs de fonds doivent se «retrousser les manches», Maude Landreville, du PLQ, croit qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter puisqu'une diminution a été observable dans tous les partis. «Il y a aussi

eu des élections municipales, ce qui fait que les mêmes donateurs ont été sollicités plus souvent en peu de temps, note-t-elle. Ça peut être une explication. C'est ce qu'on se dit.» Même si des élections municipales ont eu lieu en 2005, le PLQ était parvenu à maintenir ses revenus cette année-là.

Pas la faute au cynisme

Selon Mme Landreville, il ne faut pas chercher une explication dans le cynisme de la population envers la classe politique. Les activités de financement se poursuivent et «tout se passe bien présentement». «Ce n'est pas préoccupant», affirme-t-elle.

Il faut remonter à 2004, année post-électorale, pour trouver une baisse des revenus du PQ qui ressemble à celle de 2009. L'an dernier, les entrées d'argent au PQ sont passées de 8,5 millions $ à 5,2 millions $, une baisse de 39 %. En 2004, elles chutaient de moitié, de 8,4 millions $ à 4,3 millions $. Il n'y avait personne pour commenter la situation au PQ.

Au 31 décembre 2009, l'ADQ était le seul des partis représentés en Chambre à afficher un déficit au chapitre des actifs nets. Un bilan dans le rouge de 771 000 $, contre des avoirs  de 5,6 millions $ pour le PLQ,  1,2 million $ pour le PQ et 55 000 $ pour Québec solidaire. Malgré une diminution, le PLQ a connu quelques soirées de financement particulièrement fastes en 2009, notamment à Anjou (259 865 $), à Québec (225 740 $) et à Montréal (197 860 $).

La palme à l'ADQ

La palme de la perte de revenus la plus douloureuse revient sans conteste à l'ADQ. En 2009, année de sa course à la direction déchirante, quelque 830 000 $ ont été récoltés par les adéquistes, contre 3,25 millions $ l'année précédente, une descente en piqué de presque 75 %. Une diminution moindre toutefois que celle de 2004 qui atteignait 3,4 millions $.

Les chiffres de 2010 donneront peut-être une meilleure indication de la tendance, note Mathieu Pinault, attaché de presse adéquiste. «Mais une chose est sûre, avec les bagarres de rue entre Jean Charest et Pauline Marois et les controverses qui ont continué, c'est sûr que la confiance des électeurs envers les politiciens ne va pas en s'améliorant», dit-il.

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