«Je devais déjà être ici avec Claude. Vous voyez la bibliothèque derrière vous? C'est un ancien presbytère devenu une maison de la culture. Nous avions annoncé le début des travaux ensemble et aujourd'hui, nous devions procéder à son inauguration. Claude m'avait dit qu'il y serait certainement. Il est ici, mais pas dans le bon édifice», raconte Mme St-Pierre, les yeux rougis. «L'annonce avait été faite à l'école, et Claude me taquinait en me montrant sa classe de première année. Il me disait comment il était malcommode à l'école. Je n'en doute même pas.»
Des gens de tous âges ont défilé tout au long de la journée pour saluer une dernière fois celui qu'ils ont connu, aimé, apprécié et qui, de l'avis général, est parti trop vite. L'ancien ministre des Finances Michel Audet était du nombre.
Certains étaient venus de Québec spécialement pour l'occasion. Tous voulaient témoigner de ce que le disparu a représenté.
«Il a tellement fait pour nous. Tout ce que l'on a, à commencer par les routes, c'est beaucoup grâce à lui. Il est allé à l'école en même temps que mon neveu. Nous avons vraiment perdu quelqu'un de bien. Il aurait fait un excellent premier ministre», explique Louise Michaud de Saint-Philippe-de-Néri.
«Il était tellement sympathique. Les souvenirs le concernant se bousculent. Nous étions là le jour ou il a été élu en 1997 et nous l'avons toujours suivi», raconte Géraldine Massé de Saint-Pascal, en tenant fermement le signet funéraire de son député. «Il nous a été donné comme un cadeau», ajoute Ghislaine Pelletier de Sainte-Hélène-de-Kamouraska, peinant à retenir ses larmes.
«Nos parents étaient des voisins, et le hasard a voulu que nous soyons encore voisins à Mont-Carmel. Même si nous n'étions pas de la même religion politique, Claude était un visionnaire pour qui j'avais beaucoup d'estime. Il était déterminé, fonceur et très présent. Nous allons nous ennuyer de lui. Nous perdons une belle relève à la direction du Québec», note Clément Massé de Rivière-du-Loup.
Soutien de tous âges
Des jeunes élèves de deuxième à sixième année de l'école Mgr-Boucher de Saint-Pascal, que fréquentent Béatrice et Justine, les enfants de M. Béchard, ont tenu à leur exprimer leur soutien en signant un mot d'encouragement à l'intérieur d'une immense carte.
«Les derniers temps, au Conseil des ministres, il nous disait que ça lui faisait du bien de nous voir. Lui aussi nous faisait du bien. Beaucoup», conclut Christine St-Pierre.
Les funérailles nationales présidées par l'évêque de Sainte-Anne-de-La-Pocatière, Mgr Yvon-Joseph Moreau, seront célébrées samedi à 11h en la cathédrale de La Pocatière. Des enceintes acoustiques seront installées à l'extérieur afin que ceux qui ne peuvent accéder à l'intérieur puissent suivre la cérémonie.
Le premier ministre Jean Charest s'adressera à l'assemblée, au même titre qu'un proche du disparu. Des chants religieux et profanes seront entendus, conformément aux dernières volontés du défunt.





















