Voilà le seul moyen, selon le ministre Pierre Moreau, de sauver les trois circonscriptions menacées de disparition dans la moitié est du Québec et d'ajouter en même temps trois circonscriptions dans la région de Montréal, où la croissance démographique continue d'être forte.
Mais attention : le gouvernement libéral n'ira de l'avant avec son nouveau projet que s'il obtient un «consensus politique». C'est-à-dire, dans son esprit, s'il arrache l'appui de l'opposition officielle du Parti québécois. Il estimerait alors qu'il existe un «consensus» suffisant pour procéder.
Sans le dire, Pierre Moreau fait ainsi porter sur les épaules du parti de Pauline Marois l'avenir des circonscriptions vouées à la disparition par le projet de carte électorale déposé par l'ancien directeur général des élections (DGE), Marcel Blanchet.
La proposition du DGE ferait disparaître trois circonscriptions : l'une en Gaspésie, l'autre dans le Bas-Saint-Laurent et la troisième dans Lotbinière.
Or, si le Parti québécois refuse d'opter pour la nouvelle solution gouvernementale, c'est le projet de Marcel Blanchet qui s'appliquera aux prochaines élections, a prévenu le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, hier après-midi.
Loin d'un consensus
Ce matin, rien ne paraîtra réglé à qui que ce soit dans ce dossier qui n'en finit plus de finir. Le gouvernement et l'opposition officielle demeurent profondément divisés. Ils sont loin, très loin d'un consensus.
En soirée, hier, le porteur du dossier au Parti québécois, Stéphane Bédard, a invité le ministre Moreau à refaire ses devoirs.
«L'arbitre est en train de tricher», a-t-il commenté lors d'un entretien avec Le Soleil. «À l'évidence, c'est beaucoup d'improvisation tout ça.»
Stéphane Bédard en veut pour preuve le fait que cette solution serait temporaire, valable peut-être uniquement pour le prochain scrutin. Le ministre Moreau a en effet suggéré la tenue d'une commission parlementaire pour tenter de trouver une solution durable.
À l'Action démocratique du Québec (ADQ), Sylvie Roy était furieuse de ce que le ministre Moreau ait exclu l'ADQ et Québec solidaire du consensus qu'il recherche. Deux partis qui représentent ensemble près de 20 % des électeurs et qui réclament un mode de scrutin proportionnel, a-t-elle noté.
De son côté, le ministre Pierre Moreau a rejeté l'idée du Parti québécois de créer deux catégories de circonscriptions électorales : les «urbaines», plus peuplées, et les «rurales», qui le seraient nécessairement et officiellement moins.
M. Moreau ne voit pas de problème à ce que le nombre de circonscriptions grimpe à 128 au Québec. Il souligne que la province abrite un million d'électeurs de plus depuis 20 ans.
L'Ontario compte 107 circonscriptions. Le nombre moyen d'électeurs par circonscription s'y élève à 120 000. Mais l'Ontario est l'exception plutôt que la règle au Canada, fait-on valoir à Québec.
Le nombre moyen d'électeurs est d'environ 45 000 au Québec. Il est de 43 000 en Alberta et de 51 000 en Colombie-Britannique.























