Pot médical à vendre rue Saint-Jean

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<i>Pot</i> médical à vendre rue Saint-Jean

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Le Centre compassion de Québec, destiné aux personnes atteintes de maladies graves, se trouve voisin de la caserne des pompiers, rue Saint-Jean.

Le Soleil, Jocelyn Bernier

Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) Un établissement de vente de cannabis à des fins médicales a maintenant pignon sur rue à Québec. Bien qu'à cheval sur la légalité, ce type de commerce est toléré à Montréal. Reste à savoir quel genre d'accueil lui réservent les autorités policières locales.

En entrant dans le local du 110, rue Saint-Jean, voisin de la caserne de pompiers, le menu affiché sur l'ardoise ne laisse aucun doute sur la nature du produit offert. On y trouve, entre autres, différentes variétés de pot issues des deux grandes familles de marijuana, Indica et Sativa, à 15 $ le gramme ou à 50 $ pour 3,5 grammes. Des prix «un peu» sous ceux du marché noir.

En 1999, le Centre compassion était inauguré à Montréal. Aujourd'hui, il compte quelque 1000 membres. À l'époque, l'endroit choisi était situé face à un poste de police. Près de 10 ans plus tard, c'est avec plus de discrétion que le local ouvre ses portes. Personne, même la police, ne semblait être au courant de la venue du Centre dans la capitale. «Au début, on était plus en mode confrontation. On cherchait l'attention», confie Marc-Bo­ris Saint-Maurice aussi fondateur du Bloc pot et du Parti marijuana.

Pourtant, il n'y a rien à craindre, rassure ce dernier. Le cannabis est strictement vendu à des fins thérapeutiques. «Nous demandons des pièces d'identité, une lettre d'attestation d'un médecin (un diagnostic) et nous communiquons avec lui. Nous sommes plus vigilants qu'une pharmacie», soutient M. Saint-Maurice.

Il ne s'agit pas d'avoir un gros rhume pour recevoir sa «prescription». En fait, le patient doit présenter des symptômes sévères associés à des maladies graves, voire incurables, comme le cancer, l'hépatite ou le sida. La marijuana est conseillée pour la nausée, la perte de poids, la perte d'appétit, la douleur et la perte de sommeil.

«Ça a déjà permis à un patient de prendre 30 livres en deux mois. C'était nécessaire pour sa guérison. Ça lui a sauvé la vie», illustre M. Saint-Maurice pour prouver les bienfaits du cannabis. De plus, le Centre tient des fichiers sur les variétés et quantités vendues à chaque usager, cinq grammes par jour, pour éviter la revente. Et ce n'est pas un café, précise-t-il. En effet, il est interdit de consommer son ordonnance sur place. En ce qui con­cerne la provenance de la drogue, M. Saint-Maurice se gardait un droit de réserve, mardi.

Il devrait dévoiler d'autres détails sur le fonctionnement du Centre mercredi au cours d'une conférence de presse.

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