La présidente du Groupe maman, une organisation qui fait la promotion de l'accouchement naturel et de l'appropriation par les femmes de tout ce qui entoure la naissance, soutient que «l'obstruction est récurrente à peu près partout». Ici, un groupe de quatre médecins menace de démissionner en bloc si une maison des naissances ouvre ses portes, dit Lysane Grégoire, qui refuse toutefois de dire où, pour ne pas envenimer les relations. Là, les médecins sont d'accord pour accueillir les sages-femmes à l'hôpital, mais refusent eux aussi une maison, dit Céline Lemay, présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec. On a même vu des médecins refuser sous prétexte «qu'ils perdraient de la clientèle et que ce ne serait plus intéressant pour eux», dit-elle.
Selon Lysane Grégoire, ces attitudes manifestent surtout la méconnaissance des médecins face à la pratique des sages-femmes, et bien souvent aussi face à leur formation. Ces attitudes se sont aussi manifestées lors de la mise sur pied des projets pilotes, il y a une dizaine d'années. Mais souvent, dit-elle, les médecins changent leur fusil d'épaule après un certain temps, lorsqu'ils ont pu côtoyer les sages-femmes dans un cadre professionnel.
Un manifeste
Depuis la mi-septembre, le Groupe maman a mis en ligne un manifeste en trois points pour réorienter le développement de la pratique sage-femme au Québec. Le groupe considère que «le chemin vers l'autonomie et la liberté des femmes est loin d'être terminé».
Ce manifeste fait notamment référence à la nécessité de soutenir et de reconnaître officiellement le rôle de premier plan des parents dans les maisons de naissance. Plus spécifiquement, il demande aux élus «d'enjoindre les administrateurs des CSSS, notamment du CSSS du Grand Littoral, à soutenir les familles dans l'exercice de ce rôle complémentaire».
Hier, Le Soleil faisait état des difficiles relations entre le comité de parents de la Maison Mimosa, à Saint-Romuald, et le CSSS du Grand Littoral. À un point tel que le comité a renoncé à organiser toute activité communautaire.
«C'est particulièrement triste, dit Lysane Grégoire, parce que le comité Mimosa était particulièrement dynamique (avant l'intégration au CSSS) et qu'il aurait pu servir d'exemple aux autres maisons.»
Le manifeste enjoint également les professionnels de la santé, dont les médecins, à collaborer avec les sages-femmes. Il demande aussi des ajustements aux lois pour que les femmes puissent choisir librement la personne avec qui elles accouchent.
Alors que sa promotion n'est pas encore amorcée, le manifeste a recueilli près de 1000 signatures. Pour en savoir plus : www.groupemaman.org











