Le stress de maigrir rend malade

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Le stress de maigrir rend malade

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Une étude réalisée auprès d'adolescents démontre que ceux qui vivent dans une famille où le poids est une préoccupation majeure sont plus susceptibles d'avoir développé des troubles alimentaires ou des problèmes d'obésité cinq ans plus tard.

Claudette Samson
Le Soleil

(Québec) L'Indice de masse corporelle (IMC), fréquemment utilisé pour déterminer si le poids d'une personne correspond ou non à son poids santé et évaluer son risque de développer certaines maladies, a atteint ses limites.

Selon la nutritionniste Marie-Claude Paquette, de l'Institut national de santé publique du Québec, les professionnels de la santé devraient y penser à deux fois avant de conseiller à leurs patients de perdre du poids sur la base de leur IMC. Car celui-ci est loin de révéler le véritable état de santé de la personne, dit-elle.

Mme Paquette, qui s'exprimait à l'occasion des Journées annuelles de santé publique qui se déroulent cette semaine à Québec, souligne que certaines personnes grassettes ont d'excellentes habitudes alimentaires et d'activité physique. À l'inverse, d'autres sont minces mais mangent mal et sont sédentaires. Et celles qui ont des problèmes de santé ne sont pas toujours celles qu'on croit...

La journée d'hier a été l'occasion de constater que l'obésité et les troubles alimentaires ne sont pas les seuls problèmes de santé liés au poids. Être excessivement préoccupé par cette question peut être tout aussi néfaste, et pas seulement sur l'estime de soi.

Ménager le désir

Divers sondages démontrent ainsi qu'une proportion importante de personnes (surtout des femmes) ayant un poids normal désirent maigrir et font des tentatives pour y arriver. Avec pour résultats, dit Marie-Claude Paquette, d'entraîner des effets néfastes sur leur santé. Selon elle, le désir de perdre du poids est même un meilleur prédicteur des journées de maladie que l'IMC.

Selon la chercheuse américaine Dianne Neumark-Sztainer, une étude réalisée auprès d'adolescents démontre que ceux qui vivent dans une famille où le poids est une préoccupation majeure sont plus susceptibles d'avoir développé des troubles alimentaires ou des problèmes d'obésité cinq ans plus tard. Elle recommande de ne pas utiliser l'insatisfaction de l'image corporelle comme motivation pour perdre du poids. Il vaut mieux tabler sur le «prendre soin de soi» et le bien-être général découlant d'une meilleure alimentation et de l'exercice physique, dit-elle. Aux parents, elle suggère de ne pas parler de poids avec les enfants qui affichent des rondeurs, mais de miser sur l'exemple, simplement.

Pour la diététiste et nutritionniste Fanny Dagenais, de l'organisme Équilibre, il est temps de changer nos lunettes par rapport au poids. Accepter d'abord son corps comme il est, en prendre soin en adoptant de bonnes habitudes de vie sont davantage garants d'une meilleure santé qu'une approche fondée sur l'IMC ou la balance.

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