«On peut établir un lien entre cette situation et la pénurie de médecins de famille. Parce que lorsqu'ils travaillent en milieu hospitalier, les médecins ne font pas de prise en charge des patients», explique Isabelle Paré, coauteur de l'étude.
Deux services attirent les jeunes médecins : l'urgence et l'hospitalisation. Les patients hospitalisés sont vus par un spécialiste mais aussi par un omnipraticien contractant s'ils souffrent d'une autre maladie. Par exemple, un patient qui subit une opération cardiaque sera vu par le cardiologue, mais aussi par un omnipraticien, s'il souffre de diabète.
«Que des médecins nouvellement gradués veuillent travailler à l'urgence, ce n'est pas surprenant. Ils sont jeunes et l'urgence fait monter l'adrénaline. Ce qui est plus inquiétant, c'est que depuis trois ans, les jeunes sont plus nombreux à travailler en deuxième ligne, à l'hôpital. Si la tendance se maintient, nous aurons une pénurie en première ligne», soutient Mme Paré.
En 2003-2004, 33,5 % des omnipraticiens travaillaient en milieu hospitalier plutôt qu'en cabinet privé. La proportion a augmenté à 39 % en 2006-2007, selon l'étude.
Ce choix s'explique par le fait que les jeunes médecins ne veulent pas payer les frais de bureau. En outre, les actes médicaux en milieu hospitalier sont mieux rémunérés qu'en cabinet privé.
Activités obligées
Les médecins de moins de 15 ans de pratique ont l'obligation de faire des activités médicales particulières (AMP), sous peine d'une diminution de leur rémunération. L'urgence, l'hospitalisation, le travail en centre d'hébergement (CHSLD), l'obstétrique font partie des AMP. Le problème, c'est que les jeunes médecins les pratiquent bien au-delà des 12 heures par semaine requises.
Les jeunes médecins finiront-ils par regagner les cabinets privés? C'est ce qu'espère la FMOQ. «Il faut une première ligne forte pour diminuer les consultations à l'urgence», soutient Mme Paré.
Les femmes sont de plus en plus nombreuses en médecine, selon le profil publié hier. Elles constituent 65,6 % des étudiants à l'université et 45,8 % en pratique, 8 % de plus qu'il y a 10 ans. Ce sont surtout
des femmes (près de 80 % selon Mme Paré) qui font une résidence en médecine familiale.
L'âge moyen des omnipraticiens est de 47,6 ans.











