Mercredi, le directeur national des urgences, l'urgentologue Pierre Savard, faisait le point sur le problème des urgences avec les journalistes. La structure qu'il dirige, créée en septembre dernier, a pour but d'améliorer le fonctionnement des urgences de façon durable. Hier, toutefois, le Dr Savard n'avait que peu de moyens nouveaux à proposer.
Les grandes lignes d'action qu'il envisage sont connues : sortir de l'hôpital les patients en attente d'un lit d'hébergement de longue durée et ceux ayant simplement besoin de réadaptation ou de réhabilitation, améliorer l'accessibilité aux services de première ligne pour que moins de gens se rendent à l'urgence pour des problèmes mineurs, étendre les ordonnances collectives pour que les infirmières au triage puissent prescrire certains examens, par exemple une radiographie, avant que le patient voit un médecin, ainsi que l'amélioration de la performance des blocs opératoires telle qu'amorcée avec les médecins spécialistes au printemps dernier.
Tout cela, a précisé le Dr Savard, dans un contexte de pauvreté d'effectifs, d'où l'importance de trouver de meilleures façons de travailler. Selon lui, chaque professionnel de l'hôpital doit se sentir responsable de l'urgence, même s'il n'y travaille pas.
Qu'il se dise en quelque sorte : «Ce n'est peut-être pas mon malade aujourd'hui, mais ce le sera demain.»
La DNU veut également travailler sur le cas des patients en attente sur civière depuis 24 heures afin d'éviter qu'ils ne se rendent à 48 heures.
Patients ambulatoires
D'ici quelques mois, le ministère de la Santé sera par ailleurs en mesure de dresser le portrait des patients ambulatoires, ceux qui sont sur leurs pieds dans la salle d'attente de l'urgence.
Présentement, les seules données disponibles concernent les malades sur civière en attente d'un lit d'hospitalisation. Sur les autres, qui sont très nombreux, rien.
Or, le médecin se dit conscient de la frustration vécue par ceux qui poireautent des heures avant de voir un médecin, parce que leur condition ne nécessite pas qu'ils soient alités et hospitalisés.
Le directeur a par ailleurs avancé qu'il faudra revoir le mode de fonctionnement pendant les périodes des Fêtes ou des vacances, pour éviter que l'activité ne ralentisse trop.
Tout en disant comprendre le droit pour tous de prendre des vacances, il en appelle à un changement de culture. Une volonté qui risque de rencontrer bien de la résistance...













