Des embryons manipulés sans danger?

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Des embryons manipulés sans danger?

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Il n'est pas encore possible de savoir si l'embryon a subi un dommage quelconque à cause de manipulation. On peut seulement le juger selon son apparence extérieure à travers un microscope.

Photothèque Le Soleil

 

Pierre Asselin
Le Soleil

(Québec) L'Université Laval devient maître d'oeuvre d'un important projet de recherche pancanadien visant à répondre d'ici 2013 à une question importante?: les embryons issus des techniques de reproduction sont-ils sains et sans danger?

Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG) annonce en effet ce matin la création d'un réseau stratégique de recherches sur l'embryon, EmbryoGENE, le premier de ce genre au monde. Le réseau dispose d'une enveloppe de 10 millions $ et compte sur une équipe de 25 chercheurs de différentes institutions et organismes à travers le pays.

Cette équipe s'attaque à un problème fondamental : comment savoir si un embryon issu des technologies de reproduction assistée est en bon état ou non?

Dans l'état actuel de nos connaissances, il n'est pas possible de savoir si l'embryon a subi un dommage quelconque à cause des manipulations dont il est l'objet. Tout ce qu'on peut faire, c'est regarder l'embryon à travers un microscope et le juger selon son apparence extérieure.

L'équipe d'EmbryoGENE se donne donc comme mission de dresser le profil génétique d'embryons à différents stades de leur croissance, et de comparer les embryons conçus naturellement, qui formeront le groupe de contrôle, avec ceux qui sont issus de techniques de reproduction.

Cette banque de données permettra non seulement de savoir si des dommages sont causés par les manipulations, mais aussi d'établir des liens de cause à effet pour savoir quelle manipulation en particulier provoque quel effet. Au terme du projet, les scientifiques auront à leur disposition des outils qui leur permettront d'établir un diagnostic plus précis de l'état de l'embryon qui a subi une ou plusieurs interventions, comme l'insémination artificielle, la transplantation, la congélation, le clonage, etc.

Reproduction humaine

La recherche sera menée sur deux espèces animales : le porc et le bovin. La recherche sur le porc sera dirigée par l'Université de l'Alberta tandis que l'Université Laval se penchera sur la reproduction du bovin et assurera aussi la coordination du projet.

Mais il n'y a pas que la reproduction animale qui intéresse les chercheurs.

Les données recueillies par EmbryoGENE seront certainement scrutées à la loupe par tous ceux qui travaillent en reproduction humaine. En effet, il n'est pas possible pour des chercheurs de travailler sur des embryons humains parce que la loi interdit d'en produire à des fins de recherche. Toutefois, les mécanismes biologiques du porc et du bovin ne sont pas si éloignés des nôtres et la recherche en reproduction animale pourrait bien faire avancer nos connaissances en reproduction humaine.

Enfin, le projet pourrait avoir des répercussions sur notre alimentation, si on démontre par exemple que le clonage n'altère pas l'embryon de manière significative. Pour l'instant, le Canada n'autorise pas la consommation d'animaux issus du clonage alors qu'aux États-Unis, les bovins clonés peuvent entrer dans la chaîne alimentaire.

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