Le centre d'hébergement Saint-Charles de Limoilou ouvre ses portes

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Le centre d\'hébergement Saint-Charles de Limoilou ouvre ses portes

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Une résidante du tout nouveau centre d'hébergement Saint-Charles de Limoilou, Cécile Martin, en compagnie de la chef d'unité Julie Gagnon.

Le Soleil, Erick Labbé

Claudette Samson
Le Soleil

(Québec) Le nouveau centre d'hébergement Saint-Charles de Limoilou a ouvert officiellement ses portes, hier, en remplacement du vieux pavillon Saint-Charles devenu vétuste. Un projet attendu depuis une vingtaine d'années qui offre enfin aux personnes âgées du secteur un environnement agréable, sain et sécuritaire.

En fait, les 98 résidants de l'ancien centre ont emménagé dans leur nouvelle résidence à l'automne. Celle-ci compte maintenant 130 lits, dans 130 chambres, puisque l'ère des chambres multiples est révolue.

Construit et aménagé au coût de 29 millions $, financé entièrement par le public, dans les délais prescrits et à un coût légèrement moindre que celui anticipé (-1,5 million $), le nouveau centre d'hébergement est situé juste en face de l'hôpital de l'Enfant-Jésus. L'immeuble abrite également le CLSC de Limoilou, qui était lui aussi à court d'espace.

La visite du secteur d'hébergement, hier, a permis de découvrir des lieux modernes, clairs, agréables et fonctionnels, autant pour ceux qui l'habitent que pour ceux qui y travaillent. Un îlot prothétique, c'est-à-dire spécialement aménagé pour répondre aux  besoins particuliers de certaines personnes, accueille 10 résidants. Il s'agit de personnes ayant perdu le contact avec la réalité, souffrant de démence, d'errance, et dont les comportements sont jugés dérangeants pour les autres.

Coincées dans un espace trop petit dans l'ancien pavillon, empêchées de circuler par toutes sortes de barrières architecturales, elles peuvent désormais aller où elles veulent, comme elles veulent, sans se faire dire non, explique la chef d'unité Julie Gagnon. Par exemple, dans la chambre d'une autre. Il s'agit d'une règle comprise et acceptée par les familles, dit-elle.

Selon elle, le niveau de stress de ces résidants est descendu de plusieurs crans en quelques jours seulement après le déménagement.

Contrairement à l'ancien pavillon du boulevard des Capucins, qui offrait une vue sur l'incinérateur, le nouveau centre offre un panorama ouvert sur le quartier environnant.

Cécile Boulanger, une dame de 87 ans qui a résidé dans une chambre pour trois dans le vieux centre avant d'emménager dans sa chambre privée toute neuve, se disait hier enchantée du contraste. La différence est aussi grandement appréciée par le personnel, qui a tenu le fort «avec coeur» pendant des années, souligne Mme Gagnon.

Les CHSLD en effervescence

Le monde des centres d'hébergement publics est en effervescence à Québec. Plusieurs projets de construction ou de rénovation ont été réalisés dernièrement ou sont en train ou en voie de l'être. Il reste toutefois trois centres vétustes pour lesquels rien n'a encore été projeté, soit Maizerets, rue des Glacis, Notre-Dame-du-Chemin et Sainte-Monique les Saules.

Le pdg de l'Agence de la santé de la Capitale-Nationale, Michel Fontaine, a dressé le portrait actuel des CHSLD, hier, à l'occasion de l'inauguration officielle du nouveau centre Saint-Charles.

L'ajout de 70 chambres à Saint-Jean-Eudes, à la mi-juin, permettra notamment au système de respirer un peu mieux, dit M. Fontaine. À la condition, toutefois, que l'Agence puisse recruter le personnel soignant nécessaire à un ajout de lits. Autrement, il faudra en fermer dans des centres considérés comme vétustes et ce sera simplement un transfert.

À propos des trois centres vétustes, le pdg a été clair : ils doivent être rénovés ou fermés.

Avec l'ensemble des travaux en cours présentement, constructions, agrandissements, transformations de chambres multiples en chambres privées, il devrait y avoir une cinquantaine de lits supplémentaires à la fin du processus.

Hier, 102 personnes âgées attendaient dans un hôpital de Québec qu'une place se libère pour elles. Idéalement, il ne devrait pas y en avoir plus d'une soixantaine pour les six grands hôpitaux, dit M. Fontaine. C'est un nombre minimal, considérant qu'il faut prendre le temps de bien évaluer les besoins de la personne avant de la déplacer dans un centre de soins de longue durée.

D'ici le 1er avril, une vingtaine de lits temporaires seront en outre ouverts à Robert-Giffard pour abaisser la pression sur les hôpitaux et particulièrement les urgences. 

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