Il s'agit de la deuxième phase d'un projet amorcé en janvier 2007 sous la direction de Pierre Gagnon, chercheur au Centre de recherche de cancérologie de l'Université Laval.
«Au niveau psychiatrique, on se penche depuis longtemps sur les problèmes de dépression, anxiété, sommeil, mais un autre élément ressortait de plus en plus dans la littérature : la détresse existentielle, qui est plus difficile à saisir et à traiter.»
La première phase du projet de recherche, avec 33 participants, a permis de mettre au point la méthode qui sera appliquée à une plus grande échelle cette fois, avec près de 500 personnes recrutées dans la région de Québec.
«On a obtenu des taux de participation et de satisfaction à plus de 85-90 %. Avec 33 patients, ce n'est pas assez pour se prononcer sur l'efficacité, mais ça pointe dans la bonne direction.»
Les participants ont trouvé que ça les avait aidés dans leur recherche de sens, à clarifier leurs valeurs, leurs priorités et à ressentir une certaine paix intérieure, précise le médecin.
Chercher sa raison de vivre
Cette aide permet de répondre à une détresse qui est ressentie vivement par les patients. «Sans nécessairement éprouver les symptômes de dépression, la personne n'a plus le sentiment de paix qu'elle connaissait, elle cherche une raison de vivre, sa vie semble avoir perdu du sens», explique le chercheur.
On pense généralement que cette détresse frappe surtout ceux qui sont à un stade avancé de la maladie ou dont le cancer est jugé incurable. «Il semblait que c'étaient eux surtout qui avaient besoin de ce genre de thérapie, poursuit le Dr Gagnon, mais ceux dont le cancer n'a pas produit de métastases ont le même questionnement.»
Tous les hôpitaux de Québec et de Lévis participeront à cette deuxième phase de recherche, qui devrait durer trois ans. On vise des patients dont le cancer n'a pas produit de métastases. Dans la plupart des cas, ce seront des personnes dont le traitement est terminé, qui seront plus disponibles pour participer aux sessions.
Il y aura des thérapies de groupe et des thérapies individuelles. Le programme comprend 12 rencontres, où il y a de la détente, des échanges, où on cherche à déterminer le questionnement des gens. On se sert, entre autres, du livre Oscar et la dame rose d'Éric-Emmanuel Schmitt, pour alimenter des discussions.
L'Institut national du cancer du Canada a jugé le projet assez important pour y consacrer une subvention de 650 000 $. «On est prêts à recruter dès maintenant», conclut le chercheur, qui pense déjà à une éventuelle troisième phase.
«Si nos résultats sont concluants, on voudrait mener cette phase à travers le Canada et dans d'autres pays. Une fois que notre méthode sera au point, on veut en faire un manuel qui pourra être diffusé au niveau international.»









