Dans son rapport sur la performance du système de santé et de services sociaux, fruit d'une vaste consultation, Robert Salois dresse un sombre constat de l'accès aux soins de première ligne, c'est-à -dire les visites de cabinet de médecin, à l'urgence ou au CLSC. Et il formule 10 recommandations pour en faciliter l'accès.
Au Québec, 45 % des gens n'arrivent pas à avoir un rendez-vous avec un médecin en moins de six jours, contre une moyenne canadienne de 30 %. C'est aussi plus que dans les six pays étudiés, dont les États-Unis, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Même scénario à l'urgence, alors que 60 % des Québécois doivent attendre au moins deux heures (46 % dans le reste du Canada).
Et ce n'est pourtant pas parce que le Québec manque de médecins, précise Robert Salois. S'il y a pénurie, elle est «relative», dit-il. «Avant de parler de pénurie de médecins, on devrait revoir comment ils travaillent. Quand on aura mis en place ces recommandations, on aura une meilleure idée du nombre qui manque.»
Le commissaire propose plutôt de repenser le système et la façon de travailler des médecins.
Parmi les 10 recommandations, celle de la rémunération retient l'attention. Ainsi, M. Salois propose que soient implantés de nouveaux modèles. Il pourrait par exemple s'agir de payer les médecins à un taux horaire, par montant forfaitaire ou par capitation, où un montant est ajusté en fonction de la lourdeur du cas à soigner, explique le commissaire adjoint Jean-Frédéric Lévesque, qui souligne que la clé est dans la mixité. Â
Parmi les autres recommandations du commissaire, on retrouve notamment celle d'atteindre la cible de 300 groupes de médecins de famille et d'inciter la population à s'y inscrire. Robert Salois propose aussi de soutenir l'implantation du dossier médical informatisé et de favoriser la contribution des proches aidants. Autant de recommandations, dit-il, qui ne peuvent être prises à la pièce. «Elles sont toutes interreliées et c'est l'ensemble qui va faire la différence», martèle M. Salois.
Par ailleurs, le rapport du commissaire Salois ne fait aucune allusion à un potentiel recours au privé pour améliorer l'accès aux soins de première ligne. «La notion de performance telle qu'on la voit n'a rien à voir avec le privé. Nous, on a évalué le système public. L'objectif est de chercher une meilleure utilisation des ressources pour de meilleurs résultats», a-t-il indiqué.
Bon accueil
Le rapport de Robert Salois a été bien accueilli par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, qui y retrouve l'essentiel des propositions qu'elle avait présentées récemment. Très bon accueil aussi de la part de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux. La directrice générale, Lise Denis, y voit un complément à une étude que l'AQESSS prépare et qui analysera la performance du système, mais sur une base régionale.
Il s'agissait d'un premier rapport pour le commissaire nommé en 2006. Chaque année, la vaste recherche sera appliquée à un secteur particulier.













