Rares sont ceux qui, comme Charles-Lemoyne et Douglas à Montréal, installeront un détecteur de métal à l'entrée de l'urgence. Par contre, la plupart ont des systèmes d'alerte comme des boutons panique dans certains secteurs stratégiques, notamment les urgences et la psychiatrie. Les «codes blancs», diffusés par interphone, signalent aussi le besoin de renforts pour venir à bout d'une situation difficile. En 2007-2008, il y a eu 485 codes blancs pour les trois hôpitaux du CHUQ, signifiant la présence d'un patient violent, ce qui ne veut pas nécessairement dire qu'un employé se fait agresser, dit la porte-parole Pascale Saint-Pierre.
Les caméras sont aussi utilisées. L'Enfant-Jésus, du CHA, en compte 40. On les retrouve dans les corridors, aux portes d'entrée, aux urgences physique et psychiatrique, dans les stationnements, aux machines distributrices, à l'héliport... L'hôpital revoit présentement son système pour passer de l'analogique au numérique et en aura une cinquantaine, en plus de huit caméras mobiles, indique la porte-parole Geneviève Dupuis.
Le personnel peut aussi recourir à 24 interphones directement reliés au service de sécurité. Ce nombre sera augmenté à 36, et ils seront reliés à des caméras. «Si quelqu'un appuie (sur l'interphone), ça va filmer», indique Mme Dupuis.
Améliorer l'environnement
Mais la sécurité ne passe pas que par des systèmes d'alerte, elle dépend aussi souvent de l'aménagement des lieux. Ainsi, on peut par exemple éviter au personnel de se retrouver complètement isolé avec un patient, sans collègues à proximité.
En permettant aux personnes vivant une démence de pouvoir errer dans des lieux sécurisés comme bon leur semble, plutôt que de les en empêcher, on diminue aussi considérablement le niveau de stress, et, de là, le risque d'agressivité.
Médicaments
Le vol de médicaments est un autre facteur d'agression, dit Marie-Josée Robitaille, de l'ASSTASS, une association de santé et de sécurité au travail. D'où l'importance de bien contrôler l'accès de la pharmacie. Selon elle, toutefois, la peur ou la colère motivent de 80 à 90 % des gestes de violence, l'avidité demeurant un motif marginal. «C'est une violence de détresse avant tout.»
Les conditions dans lesquelles s'exerce le travail sont aussi déterminantes. Par exemple, les visites à domicile, au cours desquelles les travailleurs sociaux de la protection de la jeunesse et les intervenants de rue sont particulièrement exposés.
Plusieurs établissements, comme l'Hôtel-Dieu de Lévis, ont mis en place des comités de prévention de la violence.











