En fin de semaine, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Québec-Nord publiait dans Le Soleil une offre d'emploi pour un pair aidant dans le cadre d'un projet pilote d'une durée d'un an. Cette personne, qui devra avoir souffert d'un trouble grave de maladie mentale, fera partie de l'équipe de professionnels intervenant à La Maisonnée, une résidence pour jeunes psychotiques toxicomanes. Elle participera également aux suivis dans la communauté.
Au Québec, il y a présentement une vingtaine de pairs aidants intégrés dans des équipes professionnelles en santé mentale. Ces personnes ont reçu une formation spéciale l'année dernière, donnée par l'Association québécoise en réadaptation psychosociale (AQRP), qui gère ce projet en collaboration avec l'Association des personnes utilisatrices des services de santé mentale de la région de Québec (APUR).
Le but de cette approche, dit le dg de l'APUR, Luc Vigneault, est de donner de l'espoir. De l'espoir aux gens malades, d'abord, mais de l'espoir également aux membres des équipes soignantes, qui peuvent constater eux aussi que le rétablissement est possible.
Prêcher par l'exemple
Et puis, ce n'est que cohérence, dit Luc Vigneault, qui a lui-même été confronté à la schizophrénie. «Vous demandez aux entreprises d'embaucher des gens souffrant de maladie mentale, alors prêchez par l'exemple», dit-il à propos du réseau de la santé et des services sociaux.
Cette démarche s'inscrit par ailleurs dans les recommandations du Plan d'action en santé mentale 2005-2010 du gouvernement québécois. Des recherches rapportent en effet l'impact positif des pairs aidants dans les équipes professionnelles.
Pour que la démarche soit un succès, elle doit non seulement favoriser l'embauche, mais aussi soutenir l'intégration des pairs aidants. C'est aussi ce que fait l'AQRP, explique sa directrice générale, Diane Harvey. «C'est pas vrai que ça se fait du jour au lendemain», dit-elle à propos des équipes d'infirmières, médecins, travailleurs sociaux, psychologues, etc.
Nathalie Petitclerc, responsable de l'équipe en santé mentale au CSSS de Québec-Nord, lui donne raison. Elle qui gère le projet d'embauche en cours est consciente qu'elle doit avoir à la fois l'appui de l'équipe et celui du syndicat, car la démarche n'est pas très orthodoxe. «Ça n'existe pas, comme titre d'emploi, un pair aidant, et sans l'appui de tous, ça ne marchera pas», dit-elle.
Ce projet est soutenu par les agences de santé et le ministère de la Santé et des Services sociaux, qui a financé les coûts reliés à la formation. Une recherche est également en cours à l'Office des personnes handicapées du Québec pour en apprécier l'effet.
Le plan d'action en santé mentale du ministère propose que de 15 à 20 % des équipes de santé mentale aient un pair aidant en 2010. «Ce ne sera pas atteint, convient le Dr André Delorme, du MSSS, mais le mouvement est parti.»









