«Je travaille à contrat. Aussi, je n'ai aucune assurance-salaire ni assurance-maladie de longue durée et je dois prendre plusieurs médicaments qui coûtent cher», dit cette mère de deux enfants de 10 et 13 ans qui, pour s'occuper de sa santé, a dû abandonner son travail de criminologue... au gouvernement fédéral. «C'est ironique de voir que c'est la même main qui te nourrit et en même temps t'empêche de bien vivre. Il faut faire modifier la loi, qui n'a pas été amendée depuis 1971. Ça n'a aucun sens», ajoute-t-elle.
Le cancer de la jeune femme dans la trentaine, qui s'est propagé aux ganglions, a émergé en 2003 avec des récidives en 2007 et en 2008. Ne pouvant travailler, elle a vite épuisé les 15 semaines prévues au régime, sans même avoir eu le temps de commencer ses traitements. Diverses activités-bénéfices, dont la vente à l'encan d'un chandail autographié par Patrick Roy, ont permis d'amasser de l'argent pour lui permettre de survivre.
Changer les choses
«Plutôt que de demeurer assise à ne rien faire, je me suis dit qu'il fallait que les choses changent. J'ai décidé de lancer une pétition dans la province, pour que le nombre de semaines de prestation prévues aux personnes malades soit bonifié. Je me bats pour la cause. Même si nous réussissons, je ne pourrai même pas en bénéficier, mais je considère que ça vaut la peine pour tous ceux que ces changements pourront aider», dit-elle.
En deux mois, près de 10 000 personnes ont signé le document, qui sera éventuellement déposé à la Chambre des communes. Parallèlement, le député bloquiste Paul Crête, déjà sensibilisé à la cause et qui qualifie les règles actuelles «d'humainement inacceptables», a présenté en mars le projet de loi C-339, qui veut faire passer le nombre de semaines de prestation pour les gens malades de 15 à 45.
Des copies écrites de la pétition ou des informations sur les endroits où il est possible de la signer peuvent être obtenues en écrivant à l'adresse Internet prestations-maladie@hotmail.com. «Des gens m'écrivent pour m'appuyer, mais pour qu'une signature soit valide, il est important qu'ils signent la version papier, avec la ville et le code postal. Ce n'est que de cette manière que le document sera légalement considéré», conclut la courageuse jeune femme.












