L'initiative a été lancée par la Coalition sur la problématique du poids, début mars. Baie-Saint-Paul a décidé de relever le défi. «C'est un enjeu qui nous préoccupe, explique le maire, Jean Fortin. Avec les nouveaux développements, il pourrait y avoir d'autres chaînes (de restauration rapide) intéressées à venir s'installer chez nous. On veut être mieux préparé pour faire face à cette éventualité.»
À Baie-Saint-Paul, on compte déjà huit restaurants qui offrent du fast food autour de la polyvalente, dans un rayon d'un kilomètre. D'avril à octobre, deux «roulottes à patates» viennent même s'installer tout près de l'école, à quelques minutes de marche.
Règlement existant
Ce n'est pas la première fois que Baie-Saint-Paul sonne la charge contre la malbouffe. L'an dernier, pour contrer l'arrivée d'une chaîne de fast food au centre-ville, les élus ont adopté une réglementation interdisant la restauration rapide dans ce secteur. En participant à ce projet-pilote, la municipalité espère étendre ce périmètre aux abords des écoles. «Un règlement de zonage, ce n'est pas une baguette magique. Les restaurants qui sont là ont leurs droits acquis. Mais on veut limiter ce type de restauration dans l'avenir», explique Diane Lemire, directrice de l'urbanisme à la Ville de Baie-Saint-Paul.
Interrogé sur la possibilité de déplacer les très populaires «roulottes à patates» plus loin de la polyvalente, le maire Fortin s'est montré prudent. «On ne sait pas encore ce qu'on va faire. On doit avoir une réflexion à ce sujet», dit-il.
Pour mener à bien ce projet-pilote, qui s'échelonnera sur deux ans, une équipe de travail aura droit aux conseils des experts de la Coalition, chargés de proposer les meilleures solutions à chacune des trois municipalités sélectionnées.
Poursuites possibles
L'avocat Marc-André LeChasseur, qui agit comme conseiller juridique dans ce projet, étudiera plusieurs réglementations municipales qui ont fait jurisprudence, tant ici que chez nos voisins du sud.
«C'est sûr que ce type de réglementation prête flanc à des poursuites. C'est un peu risqué mais je suis convaincu qu'on peut trouver des solutions viables. Aux États-Unis, il y a eu seulement quelques poursuites, et elles ont échoué.»
À Baie-Saint-Paul, le règlement adopté l'an dernier n'a pas fait de vague. «On n'en a pas entendu parler», lance Mme Lemire.
Une expérience concluante, malgré ce que peut en penser l'Union des municipalités,
qui s'oppose à l'utilisation du zonage pour limiter l'offre de malbouffe. «La réglementation n'est pas le bon outil, affirme son porte-parole, François Sormany. Ce n'est pas le rôle des élus municipaux d'inspecter les menus pour décider quels restaurants servent du fast food ou non.»
La municipalité de Baie-Saint-Paul y est toutefois parvenue, en définissant les restaurants de malbouffe comme étant de la «restauration spécialisée dans la préparation rapide de mets bon marché et peu nutritifs que l'on peut consommer sur place ou emporter». Tout simplement.
























