Lors d'un point de presse samedi matin, le ministre Bolduc a indiqué qu'il souhaitait d'abord consulter cet après-midi à Montréal les représentants des pathologistes et des hémato-oncologues pour décider s'il devait demander aux patientes de faire de nouveaux tests. Les spécialistes lui donneront leur avis sur l'étude du Dr Louis Gaboury qui remet en cause la validité des tests de laboratoire servant à déterminer le bon traitement pour les femmes atteintes du cancer du sein.
«Avec l'information que j'ai jusqu'à maintenant, je ne peux rassurer personne», a affirmé M. Bolduc lors de la période des questions des journalistes.
Le ministre de la santé a aussi demandé à l'Institut national de santé publique du Québec et au Collège des médecins d'analyser l'étude du Dr Gaboury, avec lequel ces derniers ont eu une rencontre de travail intensive vendredi. Le Collège des médecins demain pour faire le point.
Le ministre de la Santé a de nouveau conseillé aux femmes inquiètes d'appeler Info-Santé (8-1-1). Depuis que le reportage de Radio-Canada sur cette affaire a été diffusé, le service téléphonique reçoit régulièrement des appels au sujet des tests de laboratoire erronés, a indiqué au Soleil une des infirmières d'Info-Santé à Québec.
L'ennui, c'est qu'elles ne peuvent pas donner plus de renseignements que le ministre Bolduc. «Nous savons que l'information est quand même sommaire, a admis ce dernier. On ne peut pas aller plus loin que ce qu'on sait
actuellement.»
Yves Bolduc a aussi indiqué que le ministère de la santé avait contacté tous les départements de pathologie de la province pour connaître leur niveau de contrôle de qualité sur les tests de laboratoires pour le cancer du sein. Mais il ignore pour le moment quelle proportion des hôpitaux québécois contrôlait déjà la qualité des tests hormonaux, comme le fait entre autres l'hôpital Saint-Sacrement, à Québec.
Programme d'assurance qualité
Dans un rapport en 2008, l'Agence des technologies et des modes d'intervention en santé avait recommandé que le réseau de la santé crée un programme d'assurance qualité qui permette de valider les tests servant à identifier les femmes atteintes de cancer du sein qui seraient plus à risques.
À la suite de ce rapport, un comité a été formé avec les pathologistes pour mettre sur pied un programme d'assurance qualité nationale, qui n'a toujours pas vu le jour. Or, «ce n'est pas un programme qu'on peut mettre en place à l'intérieur d'une semaine», s'est défendu M. Bolduc.
L'étude du Dr Gaboury a révélé qu'entre 20 et 30 % des tests de laboratoire effectués sur des femmes atteintes du cancer du sein obtiennent des résultats erronés. Une proportion qui se transpose aux cas de cancer du côlon, de cancer du cerveau, du pancréas ou des os, a soutenu cette semaine le président de la Fédération des médecins spécialistes, Gaétan Barrette.
Yves Bolduc n'était pas en mesure de commenter cette affirmation, samedi, mais il compte poser la question aux pathologistes et aux hémato-oncologues avec lesquels il s'entretiendra aujourd'hui.
Se disant «résolu à poser des gestes appropriés à très brève échéance, pour assurer la qualité et la sécurité des examens de pathologie réalisés au Québec», le ministre de la Santé a toutefois souligné qu'il ne voulait pas prendre de décision trop rapidement.
«Le danger, a-t-il dit, c'est d'agir de façon précipitée et de regretter ce qu'on fait. Comme en médecine, si tu veux faire un traitement avant de faire un diagnostic, tu ne fais pas un bon travail. Parfois, il faut être un peu plus patient, mais être sûr que ce qu'on fait est correct.»













