Les 1,2 million $ investis pour équiper la salle d'opération devraient néanmoins permettre aux six médecins spécialistes d'augmenter la cadence, se réjouit leur chef, le Dr Simon Biron. Une centaine de patients supplémentaires devraient, déjà en 2009-2010, profiter de la convoitée chirurgie. Total : environ 435 vies révolutionnées. D'ici deux ans, ils escomptent en secourir plus de 600.
Les chirurgiens pourraient en traiter bien plus, note le Dr Biron. Le nouveau bloc sera toutefois partagé entre les chirurgies contre l'obésité et celles contre le cancer du poumon. En plus, il faudrait attirer plus d'infirmières, d'inhalothérapeutes et de psychologues afin d'appuyer les chirurgiens bariatriques de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, l'hôpital Laval pour les intimes. Ceux-ci seraient alors en mesure d'opérer 1200 malades chaque année.
Des «malades», les obèses morbides? Il s'agit bel et bien d'«une maladie héréditaire métabolique», insiste le Dr Picard Marceau, un des pionniers de la chirurgie bariatrique. Une «maladie exécrable» n'ayant rien à voir avec le manque de volonté des patients. «On ne devient pas obèse morbide parce qu'on ne joue pas au tennis.»
Content que l'expertise de l'hôpital Laval obtienne une reconnaissance, le Dr Marceau a toutefois profité de la présence du ministre de la Santé, lundi, pour dénoncer le manque de services offerts hors de Québec et de Montréal. «Il n'est pas normal que les gens de Chicoutimi, Rimouski et Gaspé soient obligés de venir subir leurs traitements ici.» Les équipes médicales des régions devraient recevoir les fonds nécessaires, clame-t-il.
Estomac rapetissé, intestin modifié
La chirurgie bariatrique ou chirurgie de l'obésité permet à des personnes vivant avec un surplus de poids considérable - des centaines de livres - de retrouver une vie saine.
Plusieurs techniques opératoires existent. À l'hôpital Laval, les médecins rapetissent l'estomac et modifient l'intestin, vulgarise le Dr Stéphane Lebel, un des six chirurgiens bariatriques. Le système digestif ainsi réduit de moitié s'adapte afin de mieux digérer les aliments.










