Avortement: Bolduc croit pouvoir assouplir les nouvelles règles

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Avortement: Bolduc croit pouvoir assouplir les nouvelles règles

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«Pour moi, c'est une valeur fondamentale, c'est un droit de la femme, de pouvoir décider d'avoir ou non une interruption de grossesse, a soutenu le ministre Yves Bolduc. Et ça, c'est la position de notre gouvernement.»

Photothèque Le Soleil, Martin Martel

 

Bernard Barbeau
La Presse Canadienne
Montréal

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, s'attend à pouvoir assouplir les nouvelles règles d'accréditation suffisamment pour que les cliniques privées comme l'Alternative, à Montréal, puissent continuer à pratiquer des avortements.

En entrevue à La Presse Canadienne, M. Bolduc a répété mardi qu'il attendait toujours les recommandations formelles du Collège des médecins, qui doivent lui être remises d'ici une semaine ou deux, mais il s'est dit «très confiant de pouvoir trouver un terrain d'entente».

«Ce qu'on a pu savoir, suite à des discussions, c'est qu'ils vont recommander des assouplissements quant aux critères, a-t-il confirmé. Donc, ça devrait satisfaire tout le monde.»

Au porte-parole péquiste Bernard Drainville, qui s'est demandé lundi si le gouvernement de Jean Charest ne cherche pas à limiter l'accès à l'avortement, Yves Bolduc a répondu qu'il n'en est rien.

«Pour moi, c'est une valeur fondamentale, c'est un droit de la femme, de pouvoir décider d'avoir ou non une interruption de grossesse, a soutenu M. Bolduc. Et ça, c'est la position de notre gouvernement.»

Le ministre de la Santé a par ailleurs soutenu qu'il est toujours à l'écoute des gens du milieu, contrairement à ce qui a été dit à son sujet, mais rappelle que la prudence fait aussi partie de ses responsabilités. C'est pourquoi il n'a rien voulu précipiter.

«C'est un dossier qui est complexe, dans lequel il y a plusieurs intervenants, et qui est apparu sur notre table vendredi passé, a-t-il fait valoir. On est mardi et on est déjà en train de trouver un consensus. Il ne faut pas penser que tout se règle en cinq minutes.

«Je pense qu'on a démontré une ouverture assez rapidement», a-t-il ajouté.

Le Collège des médecins a indiqué lundi soir n'avoir jamais demandé à ce que l'avortement fasse partie des services dispensés dans des centres spécialisés spécialement accrédités. Il a ajouté que les critères que le ministère de la Santé avait établis au sujet des cliniques où de telles interventions sont pratiquées dépassaient largement ce qui est requis.

La loi 34 devrait être appliquée à partir du 30 septembre.

Une pluie de critiques

Le porte-parole de l'Action démocratique du Québec (ADQ) en matière de santé, Éric Caire, a déploré mardi que le réseau de la santé soit maintenant aux prises avec une crise née dans les officines du gouvernement.

«Après avoir empiré la situation dans les dossiers où ça allait déjà mal, le ministre de la Santé sème maintenant la pagaille dans des secteurs où tout allait bien», a soutenu M. Caire.

Il a par ailleurs accusé M. Bolduc d'être «indigne» d'occuper ses fonctions, l'accusant d'avoir «menti». C'est que le bureau du ministre a affirmé lundi que les nouvelles normes constituaient une recommandation du Collège des médecins, ce que l'organisme a rapidement nié.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui est en désaccord avec plusieurs aspects de la loi 34, en a rajouté en affirmant dans un communiqué qu'elle «s'interroge sur le seuil de tolérance des Québécois envers un élu qui, sciemment, trompe la population».

Yves Bolduc ne s'est pas montré très ébranlé par les critiques.

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