«Dans le domaine de la santé, il y aura toujours des crises, il y aura toujours des débats, c'est 43 % de nos dépenses», a indiqué le premier ministre mercredi lorsqu'il a été questionné sur la plus récente controverse à toucher le ministre de la Santé.
Mardi, la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ) a demandé rien de moins que la démission d'Yves Bolduc.
La FMSQ et son président, le Dr Gaétan Barrette, ont été irrités par les propos du ministre Bolduc, qui affirmait qu'aucun ordre professionnel ne s'était opposé au fait que les cliniques d'avortement doivent se conformer aux exigences de la loi 34.
Démenti
Or, selon le Dr Gaétan Barrette, les médecins spécialistes et les omnipraticiens avaient critiqué cette décision en commission parlementaire le 26 mai.
La loi 34 oblige les cliniques privées qui pratiquent des avortements à se conformer avant le 30 septembre à des règles plus strictes, dont celle d'être dotées de salles de chirurgie comme dans les hôpitaux. Un investissement important pour ces cliniques, toutes situées à Montréal. Au point où l'une d'elle, l'Alternative, a annoncé qu'elle ne pourra plus pratiquer d'avortements.
Le Collège des médecins
En début de semaine, le ministre Bolduc avait aussi laissé entendre que c'est le Collège des médecins qui avait demandé de telles mesures. Ce qui a été démenti par le Collège. Dans un communiqué publié lundi, l'organisation contredisait le ministre de la Santé en affirmant qu'elle n'avait jamais demandé à ce que les avortements paraissent sur la liste des interventions chirurgicales visées par la loi 34.
Yves Bolduc a par la suite demandé un avis au Collège des médecins et s'est dit confiant d'arriver à un terrain d'entente qui permettra d'assouplir les règles pour les cliniques d'avortement.
«On devrait trouver des solutions qui vont satisfaire tout le monde», a-t-il réitéré mercredi en point de presse à l'Assemblée nationale.
Refusant de se laisser ébranler et de «faire de cas personnel» des attaques du Dr Barrette, Yves Bolduc a indiqué qu'il allait attendre les recommandations du Collège des médecins.
«Si en cours de route les experts jugent que les normes sont trop sévères et qu'on peut assurer sécurité et qualité avec des normes plus souples, je serai très content.»
Quant aux critiques, Yves Bolduc estime qu'elles font partie du boulot. «Vous savez, comme ministre de la Santé, c'est habituel qu'il y ait des crises qu'on ne peut pas prévenir. Il faut à ce moment-là agir en bon médecin de famille, prendre une décision et trouver des solutions.»
Mercredi, tant Yves Bolduc que Jean Charest ont par ailleurs affirmé que le fait d'avoir inclus les cliniques d'avortement dans la loi 34 n'a rien à voir avec une volonté d'en restreindre l'accès. «L'avortement est une affaire réglée au Québec. Ce n'est pas un débat qu'on va rouvrir, c'est réglé, on ne reviendra pas là-dessus», a tranché le premier ministre Charest.












