Cette explication de la ministre est exposée dans une lettre en réponse à l'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs public et parapublic (AQRP), qui s'inquiétait de la lenteur de la certification des quelque 2200 résidences privées au Québec.
Dans la missive datée du 1er septembre, la ministre Thériault explique à l'AQRP que chaque centre, pour être certifié, doit «élaborer un plan de sécurité incendie», ce qui a mené les services d'incendie des municipalités à visiter tous les établissements. Ces visites, explique la ministre, ont révélé que plusieurs résidences sont conçues pour des personnes «autonomes ou en légère perte d'autonomie». Or, explique Mme Thériault, le profil de la clientèle a évolué, et plusieurs personnes âgées «présentent des limitations pouvant nuire à une évacuation du bâtiment dans les délais prescrits».
Une réalité qui oblige plusieurs centres à s'ajuster et qui doit impliquer les inspecteurs de la Régie du bâtiment, selon la ministre, qui indique avoir mis en place un comité de travail.
Présentement, le tiers des résidences privées du Québec n'ont pas encore reçu leur certification dont l'obtention était initialement prévue pour le 30 juin dernier. Dans la capitale-nationale, 53 % des 175 résidences privées sont certifiées. La proportion est de 78 % dans la Chaudière-Appalaches avec 158 centres sur 202.
«Inacceptable»
À la lumière de cette réponse de la ministre, l'AQRP conclut que Québec tolère actuellement une situation où des résidences non certifiées présentent un risque lié à la sécurité en cas d'incendie. «C'est inacceptable», lance la présidente de l'AQRP, Madelaine Michaud. «Si ma mère était dans un de ces centres, je ne serais pas très rassurée.»
La présidente de l'Association, qui représente 24 000 membres, juge que créer un comité n'est pas la solution. «Le gouvernement doit prendre toutes les mesures nécessaires pour finaliser le processus de certification au plus vite et garantir la sécurité des personnes résidentes», dit-elle.
En entrevue, Mme Michaud admet toutefois ne pas avoir de chiffres sur le nombre de résidences où la sécurité en cas d'incendie a retardé la certification.
Pas de danger, dit l'Agence
Dans la région de Québec, le porte-parole de l'Agence de la santé, Pierre Lafleur, convient aussi que l'évacuation en cas d'incendie est un critère important dans l'évaluation des résidences. Mais pour l'instant, dit-il, il est impossible de savoir dans combien de cas cette question a retardé le processus. «Nous n'avons pas de tableaux compilés qui nous disent sur quoi ça accroche», dit-il.
Le porte-parole confirme toutefois que toutes les résidences de la région ont déjà reçu la visite d'inspecteurs et que les quelque 85 établissements toujours en attente de certification le sont surtout pour des raisons administratives.











