La CSST ignore combien elle verse au privé

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Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Même si elle est un organisme public, la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) est un bon client des soins de santé privés au Québec. Une liste dont Le Soleil a obtenu copie confirme que la CSST possède des ententes avec près d'une quarantaine de cliniques privées pour des services non assurés, soit des échographies, les TACO et la résonance magnétique. Un travailleur en attente de prestation pourrait ainsi décider de passer un examen dans une clinique privée en quelques jours au lieu d'attendre dans le réseau public. Impossible toutefois de départager quelle part des quelque 360 millions $ que l'organisme dépense annuellement en soins de santé au Québec va au privé. Le Soleil a tenté d'obtenir ses données par une demande en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Malheureusement, aucune ventilation des dépenses n'est faite à ce titre, nous a-t-on répondu. «Nos systèmes ne sont pas conçus pour distinguer les montants déboursés dans le réseau public par rapport à ceux déboursés dans le réseau privé pour ces soins», peut-on lire dans la réponse de la Commission.

Au choix du travailleur

On y indique aussi que «pour la Commission, il importe avant tout que les travailleurs aient accès aux soins et services auxquels ils ont droit». Dans sa lettre en réponse à la demande du Soleil, la CSST précise en effet que la Loi sur les activités du travail et les maladies professionnelles «accorde le droit au travailleur victime d'une lésion professionnelle de recourir à l'établissement et au médecin traitant de son choix, que ce soit dans le réseau public ou dans le secteur privé».

Quant à la Société de l'assurance automobile du Québec aucune entente n'est conclue avec des cliniques privées, mais l'organisme rembourse le prestataire qui choisirait cette option pour obtenir plus rapidement un diagnostic ou des soins. De la physiothérapie, par exemple. «On ne s'interpose pas dans la relation entre le médecin et le client», explique la porte-parole Audrey Chaput. «Et on rembourse le client pour les soins qu'il reçoit, que ce soit dans le privé ou dans le public.» Tout comme à la CSST, impossible, dit-on, de savoir quelle part va dans les cliniques privées. «Puisqu'on rembourse le travailleur et non la clinique elle-même, «il est impossible de savoir la proportion des montants qui sont alloués au privé», indique Mme Chaput.

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