Un sondage Angus-Reid-La Presse indiquait cet été que 77 % des Québécois étaient pour l'euthanasie dans un contexte balisé. «C'est étonnant et ce ne l'est pas à la fois, dit M. Keating. Les médecins partagent les mêmes valeurs que l'ensemble des Québécois.»
Selon lui, les médecins ont été très influencés par les idéaux d'autonomie des patients. «Les médecins se sont donné un idéal de fournir une réponse aux demandes des patients.»
Tout en nuances, le chercheur spécialiste en éthique biomédicale ne peut s'empêcher de voir dans cette approbation massive de l'euthanasie un désir de contrôle sur la souffrance. «Autrefois, laisser une souffrance non soulagée était la reconnaissance des limites de l'action humaine et elle était confiée à Dieu qui devait en quelque sorte la prendre en charge.»
Aujourd'hui, explique-t-il, nous sommes dans un siècle «d'hyper-responsabilité». «Le professionnel de la santé qui n'arrive pas à soulager ressent son impuissance plus douloureusement que jamais», avance M. Keating.
En ce sens, estime-t-il, collaborer à l'euthanasie est une façon de «reprendre le contrôle». «C'est comme si on mettait les médecins en demeure de soulager toute souffrance», illustre-t-il.
LEXIQUE
Euthanasie: Selon la Commission de réforme du droit du Canada en 1982, l'euthanasie est définie comme «un acte positif causant la mort d'une personne pour des raisons humanitaires». Par opposition à la mort causée par la maladie ou par la cessation du traitement d'une telle maladie, l'euthanasie est, dans l'état actuel des choses, un acte volontaire et délibéré provoquant la mort dans un contexte de soulagement d'une personne atteinte d'une maladie incurable terminale ou de souffrances incoercibles. Généralement, pour ce faire, on procède à l'administration d'une dose mortelle d'un médicament. On parle d'euthanasie lorsque le médicament est administré par un professionnel de la santé.
Suicide assisté: Toujours selon la même définition, on parle de suicide assisté lorsque le patient lui-même s'administre un médicament préalablement préparé à cette fin par un professionnel.
Source : Aspects légaux, déontologiques et organisationnels de la pratique médicale au Québec, Collège des médecins














