Une sommité s'en va de l'Hôpital Robert-Giffard

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La psychiatre Annick Vincent, qu'on voit ici en... (Photothèque Le Soleil)

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La psychiatre Annick Vincent, qu'on voit ici en 2004, démissionne de ses fonctions à l'Institut universitaire en santé mentale de Québec.

Photothèque Le Soleil

Valérie Gaudreau
Le Soleil

(Québec) Les turbulences continuent à l'Hôpital Robert-Giffard alors que la psychiatre Annick Vincent quitte le bateau en invoquant à son tour un «climat malsain».

Véritable sommité en matière de trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et auteure de plusieurs livres sur le sujet, la Dre Annick Vincent quittera le 21 décembre l'établissement qu'on appelle maintenant l'Institut universitaire en santé mentale de Québec. Son départ - officiellement qualifié de «sabbatique» - s'ajoute à la démission d'une douzaine d'autres psychiatres qui, depuis quelques semaines, ont quitté diverses fonctions administratives pour protester contre la direction générale de l'établissement.

Mais si ces départs restaient somme toute symboliques, celui de la Dre Vincent pourrait avoir un effet plus important sur l'organisation des soins psychiatriques, déjà mise à mal par une pénurie de personnel. Dès décembre, la Dre Vincent pratiquera en cabinet, dans un groupe de médecine familiale de Saint-Augustin-de-Desmaures, où elle continuera toutefois à suivre une partie de sa clientèle. «D'autres patients seront référés à mes collègues généralistes», a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique au Soleil, mardi.

Problèmes de gestion

Loin de vouloir personnaliser le débat, la Dre Vincent avance toutefois que la gestion de l'Institut et des problèmes dans l'organisation sont à l'origine de sa décision. Impliquée à Robert-Giffard depuis 15 ans, la Dre Vincent assure avoir vu bien des défis et des changements, dont la fusion avec la clinique Roy et Rousseau et la création du module d'évaluation-liaison (MEL), dont elle a jusqu'à récemment été la coordonnatrice. «Le MEL, c'est mon bébé que je donne en adoption. Ça fait deux ans que je travaille pour que ça marche», laisse-t-elle tomber.

Mais le manque criant d'effectifs, «l'impression que rien ne bouge» et le mauvais climat se sont accumulés jusqu'à faire déborder le vase, soutient la Dre Vincent. «L'ambiance de travail est extrêmement pénible. Le climat présentement, c'est "sauve ta peau!"» lance-t-elle en déplorant que «la direction fait comme si tout allait bien».

Le 3 novembre, Annick Vincent a envoyé un courriel motivant son départ à tout le personnel de l'Institut universitaire. «Je croyais à la viabilité d'un département bien organisé en partenariat avec les autres établissements, avec des mandats clairs et des ressources adéquates et j'ai travaillé très fort dans cette direction», peut-on lire.

Or, poursuit-elle, «le climat malsain de travail depuis plusieurs mois [...] a commencé à miner ma santé et j'ai dû faire des choix difficiles, mais nécessaires et j'ai opté pour quitter le milieu malgré la bonne qualité des équipes et cliniciens en place».

Comme l'a fait une autre psychiatre, la Dre Monelly Radouco-Thomas, dans Le Soleil du 22 octobre, la Dre Vincent plaide pour une intervention extérieure sur la gestion de l'Institut. Une enquête de l'Agence de la santé ou du ministère, par exemple.

«Il faut que ça allume ailleurs dans la région, il faut un regard autre, ajoute-t-elle. Il y a beaucoup de problèmes dans les structures et on doit se questionner. Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable.»

À la direction de l'Institut, la porte-parole Catherine Lessard confirme que le départ de la Dre?Vincent, «une référence dans son domaine», est un gros morceau. «Nous sommes à voir avec l'équipe ce qu'on peut faire pour l'évaluation des TDAH, a-t-elle indiqué. On va voir comment articuler notre offre de service à court et à moyen terme.»

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