Dans son rapport déposé mercredi, Renaud Lachance a fustigé la défunte Agence des partenariats public-privé dans les controversés dossiers du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) et du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).
Le vérificateur général estime notamment que les calculs et les analyses de l'Agence ne permettaient pas de conclure qu'un partenariat public-privé était plus avantageux qu'une construction en mode traditionnel public.
Pour L'Hôtel-Dieu de Québec, le recours au PPP a été décidé par les libéraux en juillet 2008, et l'appel de qualification n'a toujours pas été lancé.
«Ce rapport vient donner de la crédibilité à ce qu'on dit depuis longtemps», s'est réjoui Benoît Cloutier, président du Syndicat des employés et employées du CHUQ (SCFP-FTQ). Cet été, l'organisation avait dénoncé les coûts du projet en PPP, avançant qu'ils étaient passés de 635 millions $ à 735 millions $, puis à plus de 1 milliard $. Des chiffres qui n'ont pas été démentis depuis.
«On nous accusait de crier au loup, mais là , on vient de prouver qu'il y avait un loup dans la bergerie», illustre M. Cloutier, qui espère maintenant que Québec redonnera au CHUQ les rênes du projet pour que l'agrandissement se fasse de façon conventionnelle. «On a déjà perdu assez de temps, et les besoins sont là , surtout en oncologie, dit-il. D'ici 2015, on prévoit une hausse de 60 % des demandes en oncologie pour l'est du Québec.»
«Entêtement»
Du côté de l'opposition, la députée péquiste de Taschereau, Agnès Maltais, se dit convaincue que le gouvernement libéral ne veut plus d'un agrandissement en PPP, mais qu'il tarde à l'annoncer par «entêtement» et par «idéologie».
«Le projet est rendu à un milliard. Dans mon esprit, le gouvernement a déjà abandonné l'idée de le faire en PPP pour revenir à un mode de construction conventionnel. Le rapport du Vérificateur général vient de le prouver et j'espère que le gouvernement ne s'entêtera pas.»
Agnès Maltais s'inquiète non seulement des coûts, mais aussi des délais qui s'allongent depuis que les libéraux ont décidé de privilégier le recours au privé pour la modernisation de l'hôpital de la côte du Palais. «Les travaux auraient dû démarrer il y a un an. Il y a des frais de préparation, des frais de retard», énumère-t-elle en soulignant la vocation particulière de L'Hôtel-Dieu. «Dans un hôpital, il faut tout prévoir. Un établissement de santé, ce n'est pas un bout de route», conclut la députée de
Taschereau.
Jeudi, tant au cabinet du ministre de la Santé, Yves Bolduc, qu'à celui de la présidente du Conseil du trésor, Monique
Gagnon-Tremblay, on indiquait que le projet de L'Hôtel-Dieu suit son cours, pour l'instant toujours en mode PPP.


















