L'Ordre professionnel des diététistes du Québec (OPDQ) lance une grande consultation sur l'avenir de la profession. Débutée cette semaine avec un sondage transmis à ses 2500 membres, diététistes et nutritionnistes, elle culminera le 22 mars avec des États généraux sur l'alimentation et la nutrition. Ministères, universités, entreprises et groupes de consommateurs se réuniront alors autour d'une même table, selon la formule à laquelle nous avait habitués le gouvernement de Lucien Bouchard.
Pour Michel Sanscartier, président de l'OPDQ, c'est l'actualité qui commande cette grande opération. «On parle beaucoup de nutrition et d'alimentation actuellement au Québec et on voudrait être au centre de cette discussion-là», dit-il.
M. Sanscartier ne réclame pas tant des pouvoirs que de la place pour les nutritionnistes, se disant satisfait de la redéfinition des tâches des professionnels de la santé concrétisée par la loi 90 en 2003. «Il n'y a pas de problèmes entre les ordres professionnels. C'est plus le réseau [de la santé], comment il interprète l'interdisciplinarité et comment il l'applique», précise le président de l'OPDQ.
Celui-ci donne l'exemple des groupes de médecine familiale, qui pourraient intégrer des nutritionnistes pour accompagner les malades chroniques en leur administrant un traitement nutritionnel sur mesure. «C'est de la prévention de complications» et donc d'hospitalisation, plaide M. Sanscartier.
Selon l'Ordre, le manque de nutritionnistes est flagrant dans le réseau de la santé. «Il y a un vide présentement. Ce ne sont pas tous les patients qui auraient besoin d'une consultation qui ont accès» à un professionnel, explique son président.
Listes d'attente
La consultation devrait permettre de chiffrer les besoins et de documenter les difficultés d'accès. Comme pour bien d'autres spécialités, plusieurs patients sont mis sur des listes d'attente. Les délais sont extrêmement variables d'une région à l'autre et même d'un établissement à l'autre, allant de quelques semaines dans un Centre local de services communautaires (CLSC) à plus d'une année dans un autre.
M. Sanscartier voudrait également voir débarquer davantage de nutritionnistes dans les entreprises agroalimentaires et dans l'industrie biopharmaceutique, de façon à ajuster l'offre d'aliments et de médicaments aux besoins nutritionnels de la population.
Il y a donc fort à parier qu'il faudra former plus que les 180 finissants au baccalauréat en nutrition issus de trois universités québécoises, dont Laval. Actuellement, les programmes sont fortement contingentés, principalement en raison des coûts associés à la formation et de la rareté des places de stage.











