Selon le directeur scientifique de CARTaGENE, Claude Laberge, ce nouvel outil permettra d'améliorer nos connaissances sur les déterminants de la santé et l'origine des maladies.
Il explique qu'à peu près le tiers de ce groupe d'âge est susceptible de souffrir de problèmes de santé chroniques. «En ayant des informations sur les personnes malades et celles en bonne santé, on pourra identifier les caractéristiques génomiques et environnementales qui permettent un vieillissement en santé plutôt qu'une maladie chronique.»
Une fois que la base de données sera constituée, on va recueillir de l'informations sur l'état de santé des participants pendant une période de 50 ans.
La banque de données sera par ailleurs complètement anonyme, assure le médecin. Les personnes ne seront identifiées que par un numéro. Deux semaines après l'inscription du participant, tout renseignement nominatif sur lui est effacé.
Toutefois, si une personne souhaite se retirer de la banque, elle pourra en faire la demande auprès de la Régie de l'assurance maladie et celle-ci demandera à CARTaGENE d'éliminer toutes les données correspondant au numéro de la personne. Seule la Régie est en mesure de relier un nom au numéro du participant.
Deux hôpitaux ont accepté de participer au projet, soit le CHA Enfant-Jésus et le CHA Saint-Sacrement. Le CHUQ avait été approché, mais le comité d'éthique demandait que des changements soient apportés au protocole, indiquait le Dr Laberge. «Notre protocole avait été accepté par 12 autres comités d'éthique, alors on s'est tourné vers les centres hospitaliers affiliés, après des mois de négociations avec le CHUQ.»
Des lettres d'invitation seront bientôt envoyées dans la région. Plus de 40 % des personnes contactées acceptent d'ailleurs de participer, un taux très élevé, juge Claude Laberge.
À Québec, on vise à recruter 3224 participants. À part Québec, CARTaGENE effectue du recrutement dans trois autres régions métropolitaines de la province : Montréal, Trois-Rivières et Sherbrooke. Jusqu'ici, 3000 personnes ont déjà accepté de se prêter à l'exercice. Elles doivent fournir des échantillons de sang et d'urine, se prêter à des mesures physiques, à une entrevue et répondre à un questionnaire. Le tout demande un peu plus de deux heures.
Si un échantillon analysé donne des résultats anormaux, comme un cholestérol élevé, le participant n'en sera pas pour autant informé, à moins qu'il s'agisse d'un cas où sa vie est en danger. Les prélèvements ne sont pas réalisés dans des conditions aussi rigoureuses que lorsqu'il s'agit du dépistage de maladies. «L'objectif de ces tests est avant tout d'améliorer nos connaissances sur la santé. On n'essaie pas de remplacer l'assurance maladie», explique le Dr Laberge.










